Bassin du Lot

Le Bassin du Lot

Ce recensement des sites de moulins existants ou ayant existé sur le Lot dans le département du Lot est en cours d’édition (15 Déc.2022).
L’ensemble des  sites et des informations sont intégrés au fur et à mesure de l’état des recherches. Contactez-nous pour contribuer à l’enrichissement de son contenu


Le bassin versant du Lot de sa source à sa confluence – source SMBL

Le bassin du Lot

La rivière Lot prend sa source en Lozère pour se jeter dans la Garonne, dans le département du Lot-et-Garonne, après plus de 484 kilomètres et 5 départements traversés. Le bassin complet est découpé en « Lot aval », « Lot médian » et « Lot amont », dont les limites géographiques sont actuellement les suivantes ; nous nous attachons ici à la seule rivière Lot dans le département du même nom, ses divers affluents pouvant être traités séparément.

Le Lot aval
occupe les départements du Lot-et-Garonne et du Lot.
Dans le département du Lot il s’étend depuis la commune de Soturac en aval, jusqu’à la confluence du Lot et du Célé au niveau de la commune de Bouziès, en amont.


Le Lot médian
occupe les départements du Lot, du Cantal et de l’Aveyron.
Dans le département du Lot il s’étend depuis les communes de St-Cirq-Lapopie et Tour-de-Faure en aval, jusqu’à Cuzac en amont.

Ci-dessous un document de présentation de ce secteur
(source: Syndicat du bassin Célé – Lot médian)


Le Lot amont
occupe les départements du Cantal, de l’Aveyron et de la Lozère, où la rivière prend sa source.


Le Lot, cours d’eau navigable ou navigué

Le 13ème siècle voit les premiers travaux d’aménagement de la rivière; les conflits entre la France et l’Angleterre seront également une raison essentielle pour améliorer la navigabilité de la rivière: le port de Bordeaux étant en terre anglaise la rivière Lot était la voie pour y acheminer toutes denrées et marchandises de la Guyenne anglaise. Moulins et chaussées, de faible hauteur mais barrant toute la rivière, étaient déjà présents et pour les franchir le moyen était d’utiliser les gabarres, bateaux à fond plat.

Au 17ème siècle Colbert, ministre de la marine de Louis XIV ayant entre autres en charge le développement du commerce, de l’industrie et de l’essor des sciences, fait engager de nouveaux aménagements pour faciliter la batellerie, transport fluvial, avec la construction d’écluses pour remplacer les passelis. Il s’agissait d’assurer la liaison entre la confluence de la Garonne et Cahors, pour le vin, le bois et autres cargaisons.
L’aménagement de la rivière ne fut cependant pas complet car la navigabilité fut peu sécurisée entre ces 13 nouvelles écluses; ainsi subsistèrent les graviers, hauts fonds voire barres rocheuses dangereuses pour la navigation. 
La carte ci-dessous (1720-1729) détaille ces écluses des communautés d’Aiguillon jusqu’à celle de Vers, et personnes en charge de leur entretien, que ce soit le roi ou le propriétaire du moulin.
L’entretien des écluses de Colbert fut peu assuré, à tel point que l’on dépensa plus l’argent du Trésor Royal pour réparer l’urgent que pour investir dans la construction d’autres passages nécessaire (tel l’exemple du moulin de Lacroze).  

carte du Lot rendu navigable de Aiguillon à Vers – 1720-1729 – source gallica.bnf.fr

L’entretien de toutes les écluses situées sur le département du Lot était à la charge du Roi:
N. Escluse d’Orgueil .
O. Escluse de Grimal .
P. Escluse de Puylesveque .
Q. Escluse de Mayme .
R. Escluse de Floras .
S. Escluse de Bats .
T. Escluse de Luzets .
V. Escluse de Langle .
X. Escluse de Doüelle .
Y. Escluse de Mercüez .
Z. Escluse de la Beraudie .
&. Escluse de S. George .
Φ. Escluse de Coty .

Au 19ème siècle de grands travaux sont engagés en France pour améliorer la navigation fluviale, à l’initiative de Louis Becquey, directeur des Ponts-et-Chaussées. La rivière Lot bénéficiera grandement du « plan Becquey », avec 256km canalisés.

Au début du 20ème siècle, du fait du développement du chemin de fer et des transports modernes, la navigation sur le Lot est peu à peu laissée de côté.
En 1926 la rivière perd même son statut de voie navigable; l’Etat ne va plus assurer l’entretien des éléments nécessaires tel les écluses, chaussées ou chemins de halage, ni les opérations de dragage.
Dans les années 1950-1960 les usines hydroélectriques vont se développer, donnant à la morphologie de la rivière son aspect actuel.
Dans les années 1980 la remise en navigabilité du Lot est relancée avec le développement du tourisme; il ne s’agit plus d’assurer le transport de marchandises mais celui des personnes.
Ainsi aujourd’hui ont été rendues à la navigation dans le département du Lot les tronçons entre Luzech et St-Cirq-Lapopie depuis 1990 (jusqu’à Larnagol aujourd’hui), et entre Touzac (proche du Lot-et-Garonne) et Albas (en aval de Luzech) un peu plus tard. 


Moulins et usines de l’aval à l’amont

L’ambition est de dresser ici la liste exhaustive des sites de moulins existants ou ayant existés sur la rivière dans sa partie du département du Lot. 32 sites sont ainsi numérotées de l’aval vers l’amont, visibles sur la carte détaillée.
Nous mentionnons également dans l’inventaire qui suit d’autres moulins non numérotés car en bordure du Lot mais utilisant les eaux d’un autre cours d’eau proche de la confluence.
De même pour une meilleure compréhension de l’aménagement de la rivière sont également cités écluses et barrages sans lien avec un moulin, ainsi que les centrales hydroélectriques.

carte des sites de moulins établis sur le Lot dans le département du Lot

01 – Le moulin d’Orgueil et l’usine de Fossat, à Soturac et Mauroux

La chaussée initiale daterait de la fin du 13ème siècle, bâtie par le Roi d’Angleterre. Les seigneurs des siècles suivants, dont sans nul doute ceux du château de Fossat tout proche, purent en profiter également en taxant les droits de passage.
La construction de l’écluse d’Orgueil se fit quant à elle sous Colbert, au 17ème siècle, encore à la charge du roi.    

Le site fut très remanié depuis, ainsi qu’on le voit sur les images ci-contre (plan de 1837 et vue aérienne actuelle): le sens même du barrage a été inversé.
Il est même difficile de situer le moulin originel: il serait vraisemblable, s’il était rattaché au domaine du château de Fossat, qu’il se soit situé du même côté, en rive droite. Cependant sur la carte de 1720 il est indiqué en rive gauche dans la communauté de Mauroux, avec la mention « ruiné ».

En 1922-1925 les états statistiques font pourtant apparaître deux sites:
Le moulin d’Orgueil, commune de Mauroux:
Réglementé par décrets du 5 Septembre 1908 et du 22 Mai 1913, son concessionnaire ou permissionnaire est Deffarges. Sa capacité est détaillée comme suit:
– débit annuel moyen de la rivière de 160m3/sec. , débit d’étiage de 12m3/sec.
– hauteur de chute: 2,40 mètres
– débit annuel moyen dérivé: 6,5m3/sec.
– Puissance normale brute: 153Kw.
– redevance proposée par le service: 38,25 francs (1922).
L’usine de Fossat, commune de Soturac:
Réglementée par décret du 19 Novembre 1909, son concessionnaire ou permissionnaire serait le même Deffarges, mais pour la commune de Fumel. Sa capacité est détaillée comme suit:
– débit annuel moyen de la rivière de 160m3/sec. , débit d’étiage de 12m3/sec.
– hauteur de chute: 2,42 mètres
– débit annuel moyen dérivé: 7m3/sec.
– Puissance normale brute: 166Kw.
– redevance proposée par le service: 41,50 francs (1922).


Le moulin de Leygues, à Touzac
Premier moulin en amont d’Orgueil et de Fossat, il est cité sans être sur le Lot, même s’il en est proche sur la rive gauche.
Le moulin de Leygues qui a aujourd’hui perdu l’essentiel de ses éléments prenait ses eaux dans une exsurgence, la source bleue, encore nommée « fontaine de Cach ». Ces eaux étaient ensuite rejetées dans la rivière; donc ni chaussée ni barrage sur le Lot.
Le moulin, ancien, était indiqué sur les cartes de Cassini (1781) en tant que papeterie. Des documents plus anciens encore le mentionnent:
« En 1464 le seigneur de Mauroux charge Guillaume Atgier d’y bâtir un moulin pour y moudre moitié blé, moitié froment. Divers autres moulins ont été bâtis par la suite, qui servaient également à la fabrication de papier et de drap.« (6)
Si nous n’avons pas vérifié la source exacte de ce texte, nous savons que Guillaume Atgier existait bel et bien: habitant de Thézec, il acquiert également en 1479 deux moulins sur la Lémance à Cuzorn (Lot-et-Garonne), le Moly et le moulin de la Bastide, peut-être ceux plus tard nommés moulin du bourg et moulin Batan (7) .

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est 1837-cad-nap-Moulin-de-Leygues-TOUZAC-plan-assemblage-detail.jpg.le moulin de Leygue en 1837 (cadastre napoléonien – Archives départementales du Lot

En 1925 le moulin de Leygues appartient à Emile Bouyou et apparaît toujours dans les états statistiques des usines, ses caractéristiques ainsi décrites:
– la source bleue (appelée ici fontaine de Leygue) a un débit annuel moyen de 2500 litres/sec. et un débit de 300 litres/sec. en étiage.
– la hauteur de chute est de 4 mètres, avec un débit annuel moyen dérivé de 175 litres/sec., donnant une puissance normale brute de 7kW.


Le moulin de Pradal, à Soturac
Jusqu’au 19ème siècle ce moulin se situait en aval du barrage de Touzac, sans aucun lien avec celui-ci (et ne l’ayant peut-être jamais connu): il n’est pas un moulin de la rivière Lot puisqu’il utilisait le ruisseau du Pradal, autrefois également appelé ruisseau de Bac.
Situé en rive droite du Lot, le moulin était sur la commune de Soturac.

Datant de l’ancien régime peut-être le moulin était-il rattaché au château de Gaudusson tout proche. L’information est difficile à vérifier, de nombreuses archives du château ayant été détruites sous la Révolution. Il n’en reste plus que le nom du lieu-dit « pont du Moulinet », encore indiqué sur le cadastre de Soturac en 1837.

 


La centrale hydroélectrique de Touzac, à Touzac
Une centrale hydroélectrique en rive gauche du Lot sur la commune de Touzac, n’ayant pas succédé à un moulin. Régie sous le régime de la concession, la centrale présente un débit réservé de 7,5m3/sec (4). L’écluse comme le barrage connaissent régulièrement des travaux (2009, 2022). Pour plus d’informations et photos sur le site de la centrale nous vous recommandons le site Lot-46 Yann Lesellier: lot-46.com


Le moulin de Lep, à Duravel
La seule preuve d’existence que nous ayons de ce moulin est son identification sur la carte de Cassini de 1781. Il était en rive droite du Lot, sur la commune de Duravel, au niveau du lieu-dit de la Borie du Lot. Il n’est d’ailleurs pas certain qu’il utilisait les eaux du Lot: plusieurs ruisseaux sont présents sur ce lieu-dit et le moulin était sans doute installé à leur confluence.
Il n’y a aucune indication de ce moulin sur les cartes plus récentes…

02 – Le moulin de Lacroze, à Vire-sur-Lot

Le moulin de Lacroze, à Vire-sur-Lot (46700) est l’un des rares moulins à appartenir à la commune, très impliquée dans la sauvegarde du patrimoine comme dans celle de l’environnement.

Le site est à fort potentiel, qu’il soit patrimonial, touristique ou hydro-électrique.
De nombreuses informations sont disponibles sur son histoire, notamment grâce à Philippe Delvit (8) dont nous reprenons plusieurs propos…
source photo ci-contre Contact lotois n°73

Même s’il n’apparaît pas sur la carte de Cassini de 1781, l’existence du moulin sous l’ancien régime est avérée. Un rapport administratif de 1846 indique ainsi que son existence remonterait au moins au 16ème siècle, ayant toujours appartenu à la famille de la seigneurie de Lacroze. Le moulin jouxtant l’ancien domaine seigneurial est facilement accessible de la route.

Vers 1730 un passelis de 90 centimètres de chute (plan incliné améliorant le passage des bateaux) est bâti aux frais du roi avec un cabestan couvert pour permettre de diriger les bateaux à la corde. Il semble que cet aménagement ne convienne pas et que l’endroit reste l’un des plus dangereux; le cabestan lui-même est dit inutilisable pour la remonte des bateaux…
En 1741 des maîtres de bateau témoignent de la dangerosité du passelis, faute d’entretien: les bateaux doivent passer à vide.
Les Ponts et Chaussées étudient le site à plusieurs reprises entre 1755 et 1771. Les travaux nécessaires sont envisagés, à la charge du royaume, l’entretien futur devant revenir au propriétaire du moulin. Monsieur de Lacroze dès 1755 se défendit de ne pas avoir les moyens d’un tel entretien, arguant du fait que si le passage était bel et bien dangereux la faute n’en revenait pas au moulin…
Visites, rapports et plaintes se poursuivent et même si en 1766 la nécessité d’une écluse est entérinée il faudra attendre 1790, faute de finances, pour que les travaux soient finalisés.
Il s’agira de la dernière écluse construite sous l’Ancien Régime.
Racheté par la commune de Vire-sur-Lot à EDF il y a plusieurs années, il faisait partie d’un projet de réhabilitation tant pour le patrimoine ancien qu’il représente que pour la fourniture électrique, avec une capacité de 100 kW (2011).
L’association des Moulins du Quercy a édité un article à son sujet dans la lettre des moulins n°53 (page 7) que nous vous invitons à télécharger .

En 1922-1925, les états statistiques indiquent que le moulin de Lacroze n’est pas réglementé, et qu’il a pour permissionnaire ou concessionnaire la société des Carboniques Liquides Réunis de Luzech; sa capacité est indiquée comme suit:
– débit annuel moyen de la rivière de 160m3/sec. , débit d’étiage de 12m3/sec.
– hauteur de chute: 1,83 mètre
– débit annuel moyen dérivé: 12m3/sec.
– Puissance normale brute: 222Kw.
– redevance proposée par le service: 55,50 francs (1922).


Le moulin du château de Grimard, à Duravel
(édition en cours au 17-12-2022)
A ne pas confondre avec la centrale hydroélectrique et le moulin de Grimard situés plus en amont.
Il s’agit ici d’un moulin (à priori) disparu situé sur le domaine du château de Grimard, sur la commune de Duravel en rive droite du Lot.
Encore une fois, un moulin qui ne prenait pas les eaux du Lot mais celles du ruisseau appelé autrefois de Cazes. Aujourd’hui ce petit cours d’eau est appelé ruisseau de la paillote, et les eaux d’un autre ruisseau, du Trejet, le rejoignent juste avant l’emplacement du moulin.


03 – Le moulin de Grimard, à Puy-L’Evêque

CENTRALE HYDROELECTRIQUE

(édition en cours au 17-12-2022)

Situé en rive droite du Lot sur la commune de Puy-l’Evêque, ce moulin également appelé de Grimard aujourd’hui disparu a laissé sa place à la centrale hydroélectrique régie sous le régime de l’autorisation, avec un débit réservé de 10m3/sec (4).

Etats statistiques de 1922-1925
Un seul « moulin de Grimard » est référencé dans les états statistique, et il est situé commune de Duravel et non de Puy-l’Evêque…
Réglementé par décret du 24 Septembre 1914 il est géré par la société des Carboniques liquides réunis de Luzech, et sa capacité est décrite comme suit:
– débit annuel moyen de la rivière de 160m3/sec. , débit d’étiage de 12m3/sec.
– hauteur de chute: 2,04 mètres
– débit annuel moyen dérivé: 1,9m3/sec.
– Puissance normale brute: 38Kw.
– redevance proposée par le service: 9,50 francs (1922).


Le moulin de Cafignous, à Puy-l’Evêque
(édition en cours au 17-12-2022)
Ce moulin disparu se situait sur la rive droite du Lot, mais utilisait les eaux d’un ruisseau qui lui-même n’est plus référencé. Ancien, le moulin apparaissait sur la carte de Cassini (1781).

04 – Le moulin du Lot, à Puy-L’Evêque

CENTRALE HYDROELECTRIQUE

(édition en cours au 17-12-2022)
Le moulin dénommé « moulin du Lot » a disparu pour laisser sa place à la centrale hydroélectrique de Puy-l’Evêque, régie sous le régime de l’autorisation avec un débit réservé de 14m3/sec (4).
La commune de Puy-L’Evêque fera l’objet d’une page dédiée, car si nous nous limitons ici aux moulins situés en bordure du Lot, nombreux étaient les moulins à Puy-L’Evêque situés sur le cours d’eau traversant la boucle de la rivière et passant dans la ville, ou ceux situé sur le ruisseau de Clédelles tout proche…

Etats statistiques de 1922-1925
Un seul moulin ou usine est référencé sur le Lot à Puy-l’Evêque dans ces états statistique, et simplement nommé « moulin de Puy-l’Evêque ». Sa concessionnaire ou permissionnaire est « veuve Pignières Margaridence », la relation avec Henri Pignères restant à voir.
La capacité du moulin, d’existence légale, est détaillée comme suit:
– débit annuel moyen de la rivière de 160m3/sec. , débit d’étiage de 12m3/sec.
– hauteur de chute: 3,00 mètre
– débit annuel moyen dérivé: 12m3/sec.
– Puissance normale brute: 352Kw.
– redevance proposée par le service: 88,25 francs (1922).


Le barrage et écluse de Campastier
édition en cours (17-12-2022)
Sur le site du barrage et de l’écluse récents aucun moulin n’a existé. Le barrage lui-même n’a jamais été équipé pour l’hydroélectricité.
Sa construction a dû avoir été faite entre 1837 (plans napoléonien) et 1866 (date extrême des cartes d’état-major sur lesquelles le barrage et l’écluse apparaissent pour la première fois).
Le 28 Mai 1881 un avis des Ponts et Chaussées est rendu concernant les travaux pour l’extraction de rochers sur les seuils de Campastié.
L’écluse est située sur la commune de Pescadoires, mais porte le nom du lieu-dit de Campastié situé sur l’autre rive, commune de Puy-L’Evêque.

05 – Le moulin de Meymes, à Prayssac

CENTRALE HYDROELECTRIQUE

Le moulin originel devait sans doute être non pas sur le Lot mais sur la confluence du ruisseau de Font-Cuberte, juste en aval de la centrale actuelle. La carte de Cassini de 1781 indique deux moulins peut-être sur ce ruisseau, le document ne précisant pas le barrage et écluse pourtant déjà existants, l’écluse ayant été construite sous Colbert.
Le cadastre napoléonien de 1837 quant à lui différencie bien le « moulin de Meymes », sur Font Cuberte, et le barrage, écluse et autre moulin, sur le Lot.

De 1841 à 1847 de grands travaux sont fait sur le barrage, qui avait auparavant été indiqué comme « tout à fait ruiné » (11) .
Les deux sites ont en fait fusionné pour n’en former qu’un:
en 1908 une société civile se forme pour « la production et l’exploitation de la force et de la lumière électrique au moulin de Meymes« , le but étant de vendre l’électricité pour alimenter les villages de Prayssac, de Lagardelle, de Castelfranc et d’autres éventuellement. En complément de cette production hydroélectrique la société entend installer et exploiter un moulin à blé dans une dépendance de l’usine, voire exploiter le moulin à blé existant et établir l’usine électrique dans une annexe (9) .

En 1922-1925 le moulin, indiqué d’existence légale, a pour permissionnaire ou concessionnaire la société Les Carboniques Liquides Réunis, de Luzech. Sa capacité est indiquée comme suit:
– débit annuel moyen de la rivière de 160m3/sec. , débit d’étiage de 12m3/sec.
– hauteur de chute: 3,03 mètre
– débit annuel moyen dérivé: 12m3/sec.
– Puissance normale brute: 357Kw.
– redevance proposée par le service: 89,25 francs (1922).

Aujourd’hui la centrale est exploitée par la SHEM (Société Hydro Electrique du Midi)


L’écluse d’Escambous
édition en cours (17-12-2022)
Nul trace d’un moulin ici. Le barrage n’existe plus et seuls les vestiges de l’écluse subsistent en rive gauche, sur la commune de Lagardelle (46220).

06 – Le moulin de Floiras, à Prayssac

CENTRALE HYDROELECTRIQUE

édition en cours (17-12-2022)
une centrale sous le régime de la concession avec un débit réservé de 7,25m3/sec (4).


L’écluse et barrage de Castelfranc
édition en cours (17-12-2022)
Aucun usage hydroélectrique pour cet aménagement, où aucun moulin n’a existé.
L’écluse fut construite en 1836.
Les moulins de Castelfranc, situé sur le ruisseau du Vert et non sur le Lot, seront traités à part.

07 – Le moulin d’Albas, à Albas

CENTRALE HYDROELECTRIQUE

édition en cours (17-12-2022)

En 1922-1925, les états statistiques indiquent que le moulin d’Albas, d’existence légale, a pour permissionnaire ou concessionnaire la société Magnésium Français; sa capacité est indiquée comme suit:
– débit annuel moyen de la rivière de 160m3/sec. , débit d’étiage de 12m3/sec.
– hauteur de chute: 2,80 mètre
– débit annuel moyen dérivé: 7,81m3/sec.
– Puissance normale brute: 197Kw.
– redevance proposée par le service: 40,25 francs (1922).

Aujourd’hui  la centrale hydroélectrique est sous le régime de la concession avec un débit réservé de 7,25m3/sec (4).


La centrale hydroélectrique de Luzech, à Luzech

Le site de la centrale hydroélectrique de Luzech occupe une grande partie du méandre, puisque l’unité de production est située côté nord-ouest de la ville (le long bâtiment photo-ci-contre) tandis que le barrage se trouve à l’opposé (en haut à droite) à plus de 5 kilomètres en amont si l’on suit le cours de la rivière.

Gérée aujourd’hui par EDF, elle a été construite à partir de 1948 pour une mise en service en 1952. Le barrage équipé de 4 vannes est long de 100 mètres et haut de 16 mètres, ce qui offre au site une retenue de 6,5 Mm3 sur 12 kilomètres. La centrale composée de 3 groupes de production est d’une puissance de 18MW, l’équivalent d’une consommation électrique de 26000 habitants. Sous le régime de la concession, la centrale doit un débit réservé de 3,6m3/sec (4).

sources documentaires spécifiques:
eurovia.fr .

08 – le moulin « Montagne », à Luzech

En 1830-1840, avec le plan Becquey, un canal de dérivation muni de 2 écluses est creusé sur 100 mètres dans la ville pour réduire le parcours de navigation et les dangers d’une barre rocheuse dans le lit de la rivière. Les 5 kilomètres sont ainsi gagnés en terme de parcours fluvial. C’est pour profiter de la chute de 4 mètres offerte par le canal qu’un moulin s’y établit en 1877 en faisant creuser un autre canal souterrain. Le site aujourd’hui disparu se trouvait en partie sur le lieu même où se trouve aujourd’hui le musée La Planète des Moulins.
En 1922-1925 le moulin est référencé dans les états statistiques sous le nom « ancienne usine Montagne », ayant pour concessionnaire ou permissionnaire la société Les Carboniques Liquides Réunis et est réglementé par décret du 22 Mars 1877.

Capacité de l’usine en 1922-1925 (états statistiques):
– débit annuel moyen de la rivière de 160m3/sec. , débit d’étiage de 12m3/sec.
– hauteur de chute : 4,06 mètre
– débit annuel moyen dérivé: 1,578m3/sec.
– Puissance normale brute: 63Kw.
– redevance proposée par le service: 15,75 francs.

Le canal sera utilisé jusqu’en 1924-1926, avant d’être comblé pour la construction de la centrale hydroélectrique 25 ans plus tard. 

Le musée « La planète des Moulins », 144 quai Emile Gironde, à Luzech
lieu incontournable pour découvrir les moulins du Quercy comme d’ailleurs

09 – Le moulin du Lot, à Luzech

Il s’agit du moulin ancien de Luzech, situé en rive droite et dont il ne reste que le barrage et l’écluse, laquelle fut initialement bâtie sous Colbert au 18ème siècle.
En 1922-1925 le concessionnaire ou permissionnaire de « l’ancien moulin du Lot », d’existence légale, est la société Les Carboniques Liquides Réunis.

Etats statistiques de 1922-1925, capacité du moulin:
– débit annuel moyen de la rivière de 160m3/sec. , débit d’étiage de 12m3/sec.
– hauteur de chute : 1,72 mètre
– débit annuel moyen dérivé: 10,422m3/sec.
– Puissance normale brute: 176Kw.
– redevance proposée par le service: 44,00 francs.


10 – Le moulin de l’Angle, à Caillac

édition en cours (17-12-2022)

en 1922 le moulin d’existence légale appartient à de Gaudusson.
Capacité du moulin (états statistiques, 1922):
– débit annuel moyen de la rivière de 160m3/sec. , débit d’étiage de 12m3/sec.
– hauteur de chute: 1,97 mètre
– débit annuel moyen dérivé: 12m3/sec.
– Puissance normale brute: 232Kw.
– redevance proposée par le service: 58,00 francs (1922) ; 11,60 francs.


11 – Le moulin de Lapique, à Douelle

édition en cours (17-12-2022)

Le moulin était règlementé par un décret du 28 Mai 1914.

En 1922 le moulin, réglementé par arrêté du 28 Mai 1914, appartient à Murat.
appartient à Edouard Bergon.
Capacité du moulin (états statistiques, 1922):
– débit annuel moyen de la rivière de 160m3/sec. , débit d’étiage de 12m3/sec.
– hauteur de chute: 1,97 mètre
– débit annuel moyen dérivé: 3,9m3/sec.
– Puissance normale brute: 75Kw.
– redevance proposée par le service: 18,75 francs (1922) ; 3,75 francs.


12 – Le moulin de Cessac, à Douelle

CENTRALE HYDROELECTRIQUE

édition en cours (17-12-2022)

En 1922 le moulin est réglementé par arrêté du 4 Mars 1913 et appartient à Henri Bonnal.
Capacité du moulin (états statistiques, 1922):
– débit annuel moyen de la rivière de 160m3/sec. , débit d’étiage de 12m3/sec.
– hauteur de chute: 1,97 mètre
– débit annuel moyen dérivé: 5m3/sec.
– Puissance normale brute: 97Kw.
– redevance proposée par le service: 24,35 francs ; 4,85 francs.


13 – Le moulin de Mercuès, à Mercuès (46190)

CENTRALE HYDROELECTRIQUE

Si le moulin originel, à 4 meules courantes, a disparu, la configuration du site occupé aujourd’hui par la centrale hydroélectrique n’a pratiquement pas changé, la centrale étant en lieu et place du moulin.

Dans la première moitié du 18ème siècle le moulin appartient à la famille Agar, notaires à Mercuès mais surtout une grande famille du territoire. Comme tout « seigneurs » il baillent le moulin et en obtiennent un revenu.
Ainsi en 1731 ce sont les Dames Religieuses Sainte Ursule de Cahors qui louent le moulin et ses terres attenantes par « locaterie perpetuelle » à Pierre Agar. Parmi les charges, les Dames religieuses doivent payer la taille du Roi et la rente à l’Evêque de Cahors, seigneur du moulin.
En 1747 les Dames Religieuses occupent toujours le moulin.

Entre 1747 et 1776 ce sont les Lacoste, branche cousine de la famille Agar, qui héritent du moulin. Cependant le dernier revient une nouvelle fois aux Agar par un échange de propriétés…

Vers 1828 Jean Antoine Michel Agar, comte de Mosbourg (1771-1844) échange le château d’Escayrac, près de Moncuq, qu’il avait acquis quatre ans plus tôt, contre le moulin de Mercuès qui appartient à son cousin Pierre III Lacoste du Moulin. La transaction semble avoir été un simple échange: « Je te donne mon château, tu me donnes ton moulin« .

Ministre, député, président du Conseil Général, Pair de France,… Agar de Mosbourg est un grand personnage politique du 19ème siècle.

Au 20ème siècle (1922) le moulin, qualifié usine, est exploité par la compagnie du Bourbonnais.
Capacité de l’usine de Mercuès au 20ème siècle (états statistiques, 1922):
– débit annuel moyen de la rivière de 160m3/sec. , débit d’étiage de 12m3/sec.
– hauteur de chute: 3,32 mètre
– débit annuel moyen dérivé: 12m3/sec.
– Puissance normale brute: 391Kw.
– redevance proposée par le service: 97,75 francs (1922) ; 19,55 francs.

La centrale hydroélectrique fut construite en 1955, la configuration du site n’ayant pratiquement pas été modifiée.
En 2005 EDF cède la concession à l’une de ses filiale, la Société Hydraulique d’Etudes et de Missions d’Assistance (SHEMA).

Sources documentaires spécifiques / en savoir plus:
Quercy.net, le moulin de Mercuès


14 à 20 – 9 MOULINS SUR LE LOT A CAHORS

les 9 sites de moulins à eau sur la commune de Cahors – 1812

Les moulins à eau sont encore nombreux à Cahors, plusieurs devenus centrales hydroélectriques. Mais s’il en reste 4 visibles aujourd’hui, 9 au total ont pu exister:
– le moulin de Labéraudie,
– le moulin du Périé,
– le moulin de Cabazac
– le moulin de la Fontaine des Chartreux
– le moulin Neuf
– le moulin de Saint-Georges (anciennement nommé moulin du Quercy)
– le moulin de Coty
– le moulin Saint-James
– le moulin de Ventéjol
Le moulin de Cabazac et celui de la Fontaine des Chartreux sont quelque peu à part: bien qu’en bordure du Lot il n’utilisaient pas l’eau de la rivière.

14 –Le moulin de Labéraudie

édition en cours

En 1922 les états statistiques différencient deux sites à Labéraudie: « le moulin de Labéraudie » et « l’usine de Labéraudie ». Tous deux ont cependant pour concessionnaire ou permissionnaire le même Pierre Fargues, et tous deux sont indiqués d’existence légale et possédant un même titre de 1390.
Les capacités de chacun sont indiquées ainsi:
moulin de Labéraudie:
– débit annuel moyen de la rivière de 160m3/sec. , débit d’étiage de 12m3/sec.
– hauteur de chute: 1,56 mètre
– débit annuel moyen dérivé: 9,847m3/sec.
– Puissance normale brute: 184Kw.
– redevance proposée par le service: 46,00 francs (1922).
usine de Labéraudie:
– débit annuel moyen de la rivière de 160m3/sec. , débit d’étiage de 12m3/sec.
– hauteur de chute: 1,56 mètre
– débit annuel moyen dérivé: 2,153m3/sec.
– Puissance normale brute: 184Kw.
– redevance proposée par le service: 46,00 francs (1922).
Etonnant de voir inscrites deux lignes pour le même site, de même qu’une puissance identique pour un débit dérivé très différent…


15 – Le moulin de Périé

CENTRALE HYDROELECTRIQUE

édition en cours

En 1922 les états statistiques indiquent que le moulin, d’existence légale, est à Félix Vayssières. Sa capacité est ainsi décrite:
– débit annuel moyen de la rivière de 160m3/sec. , débit d’étiage de 12m3/sec.
– hauteur de chute: 1,75 mètre
– débit annuel moyen dérivé: 6,69m3/sec.
– Puissance normale brute: 115Kw.
– redevance proposée par le service: 28,75 francs (1922).

édition en cours (17-12-2022)
une centrale sous le régime de l’autorisation avec un débit réservé de 10m3/sec (4).


Le moulin de Cabazac

Il ne reste nulle trace de ce moulin établi en rive gauche juste en aval du pont Valentré, sur le ruisseau de Cabazac qui lui-même n’est plus référencé. Le moulin devait pourtant être d’importance notable puisque figurant sur la carte de Cassini de 1781 (ci-contre) par le dessin d’un rouet.

A noter à Cabazat à une époque plus récente l’existence d’une station de pompage qui alimentait Cahors.

plan du moulin de Cabazac, CAHORS, 1812 – sect.L feuil.1

Françoise Auricoste indique également que ce moulin était à foulon, comme d’autres des lieux proches (Les Chartreux, Labéraudie).
Avant 1723 le moulin appartient à Messire Jean de Laporte, seigneur de Larnagol.
Le 3 Juin 1723 date ce dernier cède le moulin à Jospech Vixe, meunier déjà en charge de la Fontaine des Chartreux, pour 1500 livres. Le moulin est alors délabré, comme les possessions qui l’entourent: maison d’habitation ruinée, jardins et vignes à l’abandon (arch. dép. 3 E 222/22).
Le moulin est encore évoqué en 1774: Antoine Roux et Barthelemy Lalbenque, garçons meuniers, sont accusés d’y avoir volé des outils (10)

Les états statistique de 1922 enregistrent une usine de Valentré, à priori située entre la fontaine des Chartreux et le moulin Périé. Sans doute le même site que le moulin, puisque ce site a également hébergé une station de pompage pour la ville de Cahors à une époque plus récente.  Cette usine de Valentré appartient en 1922 à Robert Morange, et réglementée par décret du 11 Janvier 1808; ces capacités sont indiquées comme suit:
– débit annuel moyen de la rivière de 160m3/sec. , débit d’étiage de 12m3/sec.
– hauteur de chute: 1,75 mètre
– débit annuel moyen dérivé: 3,17m3/sec.
– Puissance normale brute: 54Kw.
– redevance proposée par le service: 13,50 francs (1922) ; 2,70 francs.


Le moulin de la fontaine des Chartreux

Au moyen âge un moulin à farine à quatre meules utilise déjà les eaux de la résurgence calcaire. Il est appelé « de Valentré » jusqu’à la moitié du 14ème siècle, lorsque les Chartreux en hérite.

Propriétaires et meuniers
En 1348 Arnaud de Poujade, bourgeois de Cahors, donna ses biens aux Chartreux de Cahors. On compte parmi ces biens 4 sétiers de farine de froment de rente annuelle qu’il avait sur le moulin de la fontaine « de Valentré ».
Mais on mentionne surtout la date du 23 Avril 1362 car c’est alors que fontaine et moulin reviennent aux Chartreux, ce qui donnera son nom usuel au lieu:
les Consuls de Cahors, gardiens de l’hôpital Saint-Jacques qui tient alors les lieux dont le moulin « de Valentré », en cède partie à Bertrand de Lard et surtout au couvent des Chartreux dont Arnaud Fabri est alors le prieur.
M. Daymard, dans l’ouvrage « Vieux Cahors », parle pour le moulin d’une rente annuelle de 8 sétiers de farine et précise:
« En 1362, l’Hôpital ne pouvant plus payer cette rente, céda la fontaine et le moulin à ce couvent. C’est depuis lors que la fontaine et le moulin de Valentré prirent le nom de ces religieux.« . Le moulin est alors dit ruiné et sa retenue perçée, à tel point qu’aucun revenu ne peut en être retiré. C’est donc pour se débarrasser de cette rente annuelle que l’Hôpital se sépare du moulin…
C’est la Révolution qui supprime les biens des Chartreux dont la possession de la fontaine et du moulin:
Le 22 Mars 1791 les lieux sont d’abord adjugés à un Guillaume Garric, mais qui en sera dépossédé bientôt, ne pouvant régler la somme requise. Et ainsi le 3 Janvier 1792: « le sieur Audoury, aubergiste, est déclaré adjudicataire (10.500 l.) du foulon appelé la Fontaine des Chartreux, et pâtis adjacents« .

Description du moulin
En 1874 et plus particulièrement le 25 Février 1878 Monsieur Bonabry, de la Société des Etudes du Lot, détaille le fonctionnement du moulin et les problèmes liés à l’aménagement du site. Ainsi le moulin est décrit comme retenant les eaux de la fontaine par un barrage s’élevant à 3 mètres au-dessus du niveau du Lot. Le surplus d’eau non utilisé ni par le moulin ni par les fontaines de la ville passe par dessus ce barrage pour aller dans un second réservoir moins élevé.
La pression des eaux arrivant dans ce second réservoir, également alimenté par des fuites et pertes, vient à détériorer les systèmes de canalisation et l’on parle de fuite dans le lit même de la rivière.
Le remède proposé par M. Bonabry est la suppression presque complète de la chute du moulin et d’amoindrir les différences de niveau entre la fontaine et la rivière, afin de réduire les dégâts causés par la pression de l’eau.

Dans les états statistiques de 1922 nul mention d’un moulin de la fontaine des Chartreux. On cite cependant deux « usines » sur le Lot entre le moulin de Saint-Georges et le moulin Périé: 
Le Château d’eau :
Compte tenu de son appellation et du fait qu’il appartienne à la commune de Cahors, il s’agit assurément ici de la Fontaine des Chartreux. Cette « usine » est indiquée  à 1 prise d’eau et réglementée par décret du 18 Janvier 1865; sa capacité est décrite comme suit sur les documents administratifs réglementaires (débits de la rivière et débits dérivés restant alors à reconsidérer, l’eau du Lot n’étant pas utilisée):
– débit annuel moyen de la rivière de 160m3/sec. , débit d’étiage de 12m3/sec.
– hauteur de chute: 1,75 mètre
– débit annuel moyen dérivé: 2,14m3/sec.
– Puissance normale brute: 37Kw.
– redevance proposée par le service: 9,25 francs (1922) ; 1,85 francs.


16 – Le moulin Neuf

édition en cours (17-12-2022)
Moulin qui a totalement disparu, comme celui de Saint-Georges avec lequel il partageait la même chaussée


17 – le moulin de Saint-Georges, ou moulin du Quercy

Moulin aujourd’hui disparu, il est également nommé « Moulin du Quercy » dans les textes plus anciens. C’était l’un des plus gros moulins de la ville, situé en rive gauche du Lot; il partagea la chaussée avec le moulin Neuf situé en rive droite.

En 1922 (états statistiques) le moulin appartient à Courrejou et consorts.
Il est reconnu d’existence légale et par titre de 1340, comme le moulin Coty avec lequel il partage la chaussée. Sa capacité est ainsi décrité:
– débit annuel moyen de la rivière de 160m3/sec. , débit d’étiage de 12m3/sec.
– hauteur de chute au moulin: 0,87 mètre
– débit annuel moyen dérivé: 12m3/sec.
– Puissance normale brute: 102Kw.
– redevance proposée par le service: 25,50 (1922) ; 5,10 francs.


18 – Le moulin de Coty, CAHORS

Partageant la même chaussée que le moulin de St-James, c’est l’un des moulins les plus emblématiques de la rivière, ne serait-ce que par l’architecture du bâtiment. Un titre de 1340 révèle une existence dès l’époque médiévale; une prise d’eau supplémentaire fut quant à elle autorisée par un décret du 2 Décembre 1865.

Au début du 20ème siècle (1922) le moulin appartient à M. Mouilherat, habitant de Saint-Cirq-Lapopie

En 1922, dans les états statistiques, le moulin est dit appartenir à M. Mouilherat, de Saint-Cirq-Lapopie. Le moulin est reconnu d’existence légale et par un titre de 1340. Sa capacité est ainsi décrite:
– débit annuel moyen de la rivière de 160m3/sec. , débit d’étiage de 12m3/sec.
– hauteur de chute au moulin: 1,42 mètre
– débit annuel moyen dérivé: 7m3/sec.
– Puissance normale brute: 98Kw.
– redevance proposée par le service: 24,50 francs (1922) ; 4,90 francs.


19 – Le moulin Saint-James, CAHORS

CENTRALE HYDROELECTRIQUE

Ce moulin est également appelé « moulin de Saint-Jacques » dans les textes anciens. Le bâtiment actuellement visible ne date bien sûr pas de cette époque, mais l’existence du moulin Saint-James est reconnue par un titre de 1389. Il partage la même chaussée que le moulin de Coty.

En 1922 le moulin appartient à Conduché et consorts.
En 192 le moulin appartient à d’Armagnac et consorts.
Dans les états statistiques de cette date son existence légale est reconnue ainsi que son titre de 1389, et sa capacité ainsi décrite:
– débit annuel moyen de la rivière de 160m3/sec. , débit d’étiage de 12m3/sec.
– hauteur de chute au moulin: 1,42 mètre
– débit annuel moyen dérivé: 5m3/sec.
– Puissance normale brute: 69Kw.
– redevance proposée par le service: 17,25 francs en 1922 ; 3,45 francs.


20 – Le moulin de Ventéjol Cahors

édition en cours (17-12-2022)
La dernière mention de ce moulin est de 1881, sur le plan de Cahors. Simplement indiqué rive droite du Lot, face à l’île de Cabessut, le texte « ruines d’un moulin« .
Il s’agissait du moulin de Ventéjol, décrit par Françoise Auricoste.


Ecluse de Lacombe, Cahors
édition en cours (17-12-2022)
Un barrage et son écluse construite au début du 19ème siècle, sans lien avec un moulin quelconque, le long de la route menant de Cahors à Laroque-des-Arcs.
le moulin de Laroque
Remontant la rivière on longe ensuite la commune de Laroque-des-Arcs (aujourd’hui Bellefont-la-Rauze) qui n’avait aucun moulin sur le Lot. Existait cependant à priori un moulin dans le bourg même de Laroque, sur le ruisseau de Bellefont juste avant la confluence avec la rivière.

21-22-23 – Les 3 moulins d’Arcambal, ARCAMBAL

L’histoire des moulins à Arcambal fut bouleversée dans la première moitié du 19ème siècle; on y comptait jusqu’alors 3 moulins sur le Lot:
– le moulin d’Arcambal en aval,
– le moulin de Galessie au milieu, face au moulin de Nouaillac établi sur le ruisseau du même nom,
– le moulin de la Gilloune en amont.
Ces 3 moulins à farine ont ainsi fonctionné ensemble jusqu’au 19ème siècle. Jusqu’aux travaux de canalisation et de remise en navigabilité de la rivière. La morphologie du cours d’eau fut alors si modifiée qu’il entraîna la disparition du moulin de Galessie. 
Ironie de l’histoire, c’est aujourd’hui à la Galessie que se trouve la seule centrale hydroélectrique d’Arcambal.

21 – Le moulin d’Arcambal

Le moulin qui datait de l’ancien régime (étant spécifié d’existence légale) n’existe plus, seuls restant le barrage et l’écluse situés juste avant le pont autoroutier traversant la rivière.
Au début du 20ème siècle (1922,1925) le moulin appartenait à madame de Goutte, veuve.

plan 1812 moulin d'Arcambal

Capacité du moulin selon les états statistiques de 1922, le moulin étant déclaré d’existence légale:
– débit annuel moyen de la rivière de 160m3/sec. , débit d’étiage de 12m3/sec.
– hauteur de chute au moulin: 1,43 mètre
– débit annuel moyen dérivé: 12m3/sec.
– Puissance normale brute: 167Kw.
– redevance proposée par le service: 41,75 francs.

le moulin de Nouillan
On note rive gauche à la limite des communes de Lamagdelaine et de Vers l’existence d’un moulin aujourd’hui disparu, établit sur le ruisseau de Nouaillac à la confluence du Lot

22 – Le moulin de Galessie

CENTRALE HYDROELECTRIQUE

Le moulin originel se situait directement sur le Lot rive gauche, en bout de la chaussée dont la configuration est resté à peu près la même aujourd’hui. Un long canal de fuite faisait suite au moulin et rejoignait le Lot plus bas.
Les réaménagements de la rivière au 19ème siècle, sous l’égide des Pont et Chaussées, signèrent la fin du moulin: les travaux de canalisation et l’objectif d’améliorer la navigabilité devaient entraîner une réduction de la chute d’eau exploitable et le moulin de Galessie devenait une gêne à la navigation prévue. L’Etat racheta le moulin, pour le détruire.

Aujourd’hui le barrage et l’écluse située en rive droite sont bien visibles et accessibles de la route. La centrale hydroélectrique quant à elle n’est pas à l’emplacement du moulin originel mais bien en dessous, en bout de l’ancien canal de fuite, bien en aval du barrage.

Le site de la Galessie en 1812 (cadastre napoléonien) et en 2017 (Google Earth)

L’usine hydroélectrique actuelle, règlementée par un décret du 24 Août 1973, fonctionne sous le régime de la concession. Elle a un débit réservé de 7m3/sec. (4) .

Les écluses de Vers et de Planiol

Ces deux barrages et écluses furent établis lors du réaménagement du Lot dans la première moitié du 19ème siècle (vers 1836).

23 – Le moulin de la Guilloune

plan moulin de la guilloune à Pasturat, cadastre napoléonien de 1812

Le moulin apparaît parfois également sous le nom de « moulin de Saint-Géry », car longtemps rattaché aux terres et dépendances dépendant de la coseigneurie de Saint-Gery.
Aujourd’hui encore on nomme souvent la centrale hydroélectrique « de Saint-Géry »…
Ci-contre la situation du moulin en 1812.

Le moulin existait déjà au 15ème siècle; le chanoine Edmond d’Albe indique ainsi que vers 1454 une métairie fut acensée avec le moulin de la Guilloune par le seigneur de St-Sulpice comme seigneur de St-Cirq-Lapopie.

En 1922 le moulin appartient à Cayla. Le moulin, d’existence légale, est également réglementé par arrêté du C.P. du 21 Janvier 1862. Sa capacité est décrite dans les états statistiques de 1922:
– débit annuel moyen de la rivière de 100m3/sec. , débit d’étiage de 12m3/sec.
Réalité des chiffres: on note qu’en amont, au-dessus de la confluence du Célé (à Saint-Cirq-Lapopie) le débit annuel est indiqué de 100m3 et le débit d’étiage de 10m3. De même en aval, au-dessous de la confluence du Vers, le débit annuel est cette fois de 160m3 pour un débit d’étiage de 12m3… Même si les chiffres des états statistiques ne peuvent être considéré comme reflet de la réalité nous les retranscrivons tels que dans les documents, assumant qu’en réalité les différences de débits devaient être principalement après la confluence du Célé, le débit du ruisseau du Vers étant bien moindre.
Concernant les chiffres pour les moulins et usines eux-mêmes, plus faciles à calculer, on peut assumer qu’ils étaient plus proche de la réalité; ainsi pour la Guilloune:
– hauteur de chute au moulin: 2,00 mètre
– débit annuel moyen dérivé: 12m3/sec.
– Puissance normale brute: 216Kw.
– redevance proposée par le service: 54,00 francs

Le moulin disparu Un article sur l’histoire du lieu-dit de Pasturat et du moulin de la Guilloune a Photo ci-contre du moulin famille Marty

La centrale hydroélectrique qui l’a remplacé est sous le régime de l’autorisation, avec un débit réservé de 13m3/sec.(4)

Sources documentaires spécifiques / en savoir plus:
Quercy.net – le moulin de la Guilloune .

le moulin de Liffernet, à Esclauzels
Ce moulin aujourd’hui disparu était établi pour prendre les eaux de la résurgence de L’Iffernet. Le mot signifie « enfer », d’où l’appellation parfois entendue de grotte de l’enfer ou source de l’enfer.
Du moulin il ne reste à priori que les vestige de la retenue qui l’alimentait.

Ecluse de Bouziès
Une écluse construite pour la navigation, sans lien avec un moulin ou une usine

24 à 26 – Les moulins de Saint-Cirq-Lapopie

Plusieurs sites sont liés aux moulins et à l’aménagement de la rivière Lot dans la commune de Saint-Cirq-Lapopie, rive gauche, et Tour-de-Faure rive droite.
333 moulins y sont historiquement dénombrés sur la rivière, le plus emblématique restant le moulin d’Aulanac.
Vers 1850 on cite un canal de dérivation et 4 barrages éclusés (à Crégols, Saint-Cirq, Ganil et Port Lalique parfois orthographié port de la Lèque), mais également une carrière à Pech Camil offrant un quartz qui fut utilisé pour la fabrication de meules, le prix de chacune variant de 200 à 250 francs… prise sur place. Hormis les moulins établis sur le Lot il y avait également alors le moulin des Pauvres, sur le ruisseau du Bournac, et le moulin à vent au lieu-dit Mas. 

24 – Le moulin de Ganil

L’écluse de Ganil est bien connue de la batellerie comme des promeneurs puisque située à l’issue du chemin de halage creusé dans la falaise et orné de bas-reliefs modernes.
Juste en amont se situait auparavant le moulin de Ganil ou de Castan, moulin à 3 meules démoli en 1845 pour la canalisation du Lot (9).

25 – le moulin d’Aulanac

Anciennement appelé de Lona, puis d’Aulanac (les aulnes), c’est l’un des plus emblématique de la rivière sur le département, comme le moulin Coty, celui de Lacroze et d’autres; son importance  est indéniable en terme d’histoire, d’architecture, de patrimoine local, de tourisme, de potentiel hydroélectrique, … Un avenir pourtant compromis: le bâti fragilisé par la rivière comme par les reconstructions successives, sans doute liées à la canalisation de la rivière, ce monument autrefois ouvert au public est aujourd’hui peu accessible sinon de l’extérieur.
Bijou de notre département, le moulin à 4 meules d’Aulanac fait l’objet d’une page dédiée que nous vous invitons à découvrir:

26 – le moulin de Laval ou de Crégols

Ne reste aujourd’hui du moulin que sa chaussée, nommée chaussée de Crégols.
Comme le moulin de Ganil, celui de Laval, à 3 meules également, fut démoli en 1845 pour la canalisation du Lot (9).
Ce qui aurait pu en rester sera détruit par l’aménagement de la route que l’on emprunte de St-Cirq-Lapopie à Crégols, passant le long du canal séparant l’île de la rive gauche du Lot.

la centrale hydroélectrique de Saint-Martin-Labouval
Cette centrale n’est pas située sur le site d’un moulin.
Réglementée par décrets du 29 Juin 1966 et du 2 Juin 1976, avec avenant du 7 Mars 2005, l’usine est sous le régime de la concession; elle doit un débit réservé de 6,5m3/sec. (4).

27 – le moulin de la Toulzanie, à Saint-Martin-Labouval

Il en reste peut de trace sinon le dessin d’un bâtiment sur le cadastre de 1809 (section B feuille 2). Françoise Auricoste nous en dit plus dans son ouvrage sur les meuniers en Quercy… 

écluse de Cénevières
Un barrage et son écluse en rive gauche, au pied du château de Cénevières.
Datant du 19ème siècle, l’ouvrage n’a aucun lien avec un moulin préexistant.

28 – moulin de Calvignac

CENTRALE HYDROELECTRIQUE

Ce moulin auparavant à 3 meule est aujourd’hui centrale hydroélectrique, et possède un long canal éclusé à son aval, creusé dans la première moitié du 19ème siècle pour réduire les difficultés de passage sur une courbe du Lot.

En 1922 le concessionnaire ou  permissionnaire de l’usine est Joseph Pechdo, de Villefranche, en Aveyron. La capacité de l’usine, d’existence légale, est alors ainsi décrite dans les états statistiques:
– débit annuel moyen de la rivière de 100m3/sec. , débit d’étiage de 10m3/sec.
– hauteur de chute au moulin: 2,65 mètre
– débit annuel moyen dérivé: 7m3/sec.
– Puissance normale brute: 182Kw.
– redevance proposée par le service: 45,50 francs

La centrale aujourd’hui (données 2016):
La centrale hydroélectrique, appartenant à Hydrocoop, possède 6 groupes de production d’une puissance totale de 770kW en 2015. L’un des groupes de production est différencié des autres, car établi sur une écluse et turbinant l’eau d’un ancien canal de navigation.
Sous le régime de l’autorisation, la centrale a un débit réservé de 10m3/sec. (4). Les informations données par Hydrocoop étaient les suivantes en 2016:
puissance autorisée (PMB): 910 kW
puissance active max.: 900 kW
prod. moyenne: 4 200 000 kWh

Les moulins à Larnagol
Il n’y a pas de moulin sur la rivière Lot à Larnagol. La commune mérite cependant d’être citée, abritant plusieurs moulins sur le ruisseau de Verboul ou du Treil.
Citons particulièrement le moulin du ruisseau tenu par Odette Angé depuis 1957.
Amoureuse du patrimoine, Odette Angé est l’une des fondatrice de l’association des Moulins du Quercy.

L’écluse désaffectée de la Bruyère
En remontant le Lot après Larnagol, une écluse désaffectée, sans plus de barrage, est encore visible en rive gauche du Lot, sur la commune de Calvignac. Ce site n’a à notre connaissance aucun lien avec un éventuel moulin.

LES MOULINS DU LOT A CAJARC

En 1781 selon la carte de Cassini 3 moulins sont identifiés sur le Lot dans la communauté de Cajarc. De l’aval vers l’amont:
– le moulin d’Auch rive droite, à l’endroit où aujourd’hui la centrale hydroélectrique rend ses eaux à la rivière
– le moulin de Gaillac rive gauche, dont le site est toujours existant mais le moulin à priori disparu, sa capacité ayant été supprimée par les aménagements de la rivière.
– le moulin de Coïmbre rive droite, juste en aval du tunnel souterrain alimentant l’usine hydroélectrique actuelle. Un site historique emblématique dont il ne reste plus qu’une tour, encore référencée aux Monuments de France.
Vers 1850(9) on ne situe plus à Cajarc que deux moulins sur le Lot, dits d’une force considérable; il devait s’agir des moulins de Gaillac et de Coïmbres puisqu’ils apparaissent encore nommément dans les états statistiques 75 ans plus tard.
Deux autres moulins au-dessus de Cajarc utilisaient l’eau de la cascade encore bien connue, mais chômaient six mois de l’année.
Enfin au nord  de la ville deux autres moulins, ne travaillant que la moitié de l’année, utilisaient les eaux prodiguées par les sources de l’Hermiès et de Pique Merle. Le peu de travail de ces derniers était compensé par le travail du moulin à vent de Saint-Chels.

Au sud de Cajarc le Lot forme une boucle qui dans sa partie resserrée fait moins de 470 mètres à vol d’oiseau. Cette configuration fut utilisée pour établir la centrale hydroélectrique de Cajarc en 1947, la prise d’eau se faisant sur la partie amont au niveau de l’ancien moulin de Coïmbres, pour une restitution des eaux de l’autre côté de la boucle en utilisant un ancien canal souterrain de navigation. Si l’on suit le cours du Lot entre la prise d’eau et sa restitution ce sont ainsi 4,5 kilomètres réduits à moins de 500 mètres en souterrain.

29 – le moulin d’Auch, à Cajarc

édition en cours (01-01-2023)

30 – le moulin de Gaillac, à Cajarc

édition en cours (01-01-2023)
En 1922 le concessionnaire ou permissionnaire du moulin de Gaillac est Eugène Lafon.
Les états statistiques décrivent alors ainsi l’usine, d’existence légale:
– débit annuel moyen de la rivière de 100m3/sec. , débit d’étiage de 10m3/sec.
– hauteur de chute au moulin: 1,80 mètre
– débit annuel moyen dérivé: 8m3/sec.
– Puissance normale brute: 141Kw.
– redevance proposée par le service: 35,25 francs.

31 – le moulin de Coïmbre, à Cajarc

édition en cours (01-01-2023)
En 1922 le concessionnaire ou permissionnaire du moulin de Coïmbres est J.A. Boysson, de Périgueux. Les états statistiques décrivent alors ainsi l’usine, d’existence légale:
– débit annuel moyen de la rivière de 100m3/sec. , débit d’étiage de 10m3/sec.
– hauteur de chute au moulin: 2,10 mètre
– débit annuel moyen dérivé: 10m3/sec.
– Puissance normale brute: 206Kw.
– redevance proposée par le service: 51,50 francs.

LA CENTRALE HYDROELECTRIQUE DE CAJARC
édition en cours (01-01-2023)
Elle est aujourd’hui sous le régime de la concession, avec un débit réservé de 5,95m3/sec (4).


A partir de Cajarc la rive gauche de la rivière devient aveyronnaise, seule la rive droite restant dans le département du Lot.
La présence historique de moulins sur cette rive du département du Lot devient également beaucoup plus faible qu’à l’aval de Cajarc; on note surtout de nombreuses écluses désaffectées, le Lot n’étant plus navigable, et quelques centrales hydroélectriques récentes sans lien avec des moulins.
Les seuls moulins bordant la rive droite ne prenaient pas l’eau de la rivière mais celle de petits affluents, tel les moulins de la Flèche à Larroque-Toirac ou le moulin de Breu à Frontenac. 

Ecluses désaffectées:
En amont de Cajarc plusieurs anciennes écluses sont encore visibles; elles n’ont pas de lien avec l’existence d’un moulin sur notre département:
l’écluse désaffectée de Cadrieu, ou écluse de Terrefort, rive gauche commune de Salvagnac-Cajarc dans l’Aveyron.
L’écluse désaffectée de Cournilises, sur la commune de Montbrun.
L’écluse désaffectée de la Barasquie, sur la commune de Montbrun.

découvrir les écluses sur Lot-46.com


Centrale hydroélectrique de Montbrun
En amont de ces écluses la centrale mise en service en 1986 et exploitée par la SHEM fut implantée en profitant d’un ancien tunnel de navigation, sans lien donc avec un moulin.
Sous le régime de l’autorisation, la centrale doit un débit réservé de 10m3/sec (4).


écluse désaffectée
En amont de Montbrun est l’écluse de Camboulan, à Laroque-Toirac, sans lien avec un moulin.


Les moulins de la Flèche, à Larroque-Toirac

Il faut donc remonter bien haut après Cajarc pour retrouver des moulins sur la rive droite du Lot.
Les premiers moulins en amont de Cajarc étaient ainsi ceux de La Flèche, dans la commune de Laroque-Toirac.
Bien qu’en bordure de la rivière ils ne prenaient pas les eaux du Lot mais celles du ruisseau de La Flèche, encore appelé ruisseau de Bon. Un débit bien moindre pour ces moulins reconnus d’existence légale, qui étaient au chômage 4 mois de l’année.

Si l’état actuel des bâtiment n’est pas connu, la retenue du moulin est toujours en eau. 

Les états statistiques de 1925 nous détaillent ainsi les deux moulins installés sur le petit cours d’eau:
Le moulin de la Flèche Haut, appartenant à Gabriel Cousi:
– débit annuel moyen du cours d’eau de 50l./sec. , débit d’étiage de 34l./sec.
– hauteur de chute au moulin: 4,20 mètres
– débit annuel moyen dérivé: 34l./sec.
– Puissance normale brute: 1Kw.
– redevance proposée par le service: 0,10 francs.
Le moulin de la Flèche Bas, appartenant à Louis Larrive:
– débit annuel moyen du cours d’eau de 50l./sec. , débit d’étiage de 34l./sec.
– hauteur de chute au moulin: 8 mètres
– débit annuel moyen dérivé: 34l./sec.
– Puissance normale brute: 3Kw.
– redevance proposée par le service: 0,75 francs.


Centrale hydroélectrique de Toirac, à Larroque-Toirac
Cette centrale hydroélectrique très récente prend appui sur l’écluse des Condamines ou de Camboulan – à vérifier ; l’écluse désaffectée fut bâtie pour la navigation du Lot et sans rapport avec un moulin préexistant.

Capacité de l’usine:
Le projet consiste en l’installation de deux turbines VHL, pour une puissance de 1 Mw et une production moyenne de 5660 Mw/h correspondant à la consommation électrique de 1500 foyers. Cette centrale sous le régime de l’autorisation a un débit réservé de 11,8m3/sec.


Le moulin de Frescati, à Saint-Pierre-Toirac

Le moulin aujourd’hui disparu se situait sur le petit ruisseau de Frescati, au lieu-dit Mas de Connes à la limite des communes de St-Pierre-Toirac et de Frontenac. Son canal de fuite dont il reste quelque trace se jetait dans le Lot à peu de distance.


Centrale hydroélectrique de Frontenac 1-2
Sans aucun lien avec un moulin, la centrale de Frontenac appartient depuis 2016 à Hydrocoop.
Elle est équipée en 2 unités de production utilisant en tout 5 turbines Roques utilisant une hauteur de chute de 2,99 mètres.
Elle était indiquée d’une puissance totale le 1500kW en 2016, avec une production annuelle moyenne de 7,4GWh.
Sous le régime de l’autorisation, elle doit un débit réservé de 10m3/sec.


Le moulin de Breu, à Frontenac
Ce moulin en bordure du Lot utilisait l’eau du ruisseau du Cuzoullet. 


Les moulins de l’Île ou de Gaillot, à Faycelles

Au moins deux moulins, anciens puisqu’apparaissant sur le plan ci-contre de 1781, se situaient au lieu-dit Gaillot, dans la commune de Faycelles. Si la carte de Cassini les indique sur le Lot, les cartes de 1834 les situent plus précisément sur le ruisseau de Gaillot, petit affluent.


Ecluse de la Madeleine, à Faycelle
Un peu plus haut se trouve l’écluse de la Madeleine ou de Rociavale, cette écluse étant sans lien avec un moulin.


CAPDENAC ET CAPDENAC-GARE
Si deux centrales hydroélectriques sont présentes à Capdenac, et encore s’agirait-il de dire à Capdenac-Gare dans l’Aveyron, aucune trace de moulins établis sur le Lot dans la commune, quelque soit la rive. Les seuls moulins à eau référencés dans la partie du département du Lot sont situé sur des affluents, assez loin de la rivière.
Côté aveyronnais les moulins étaient plus nombreux, avec le moulin d’Assier sur la rivière, et beaucoup d’autres établis sur le ruisseau de Cerles…

Centrale hydroélectrique Arelles, Capdenac-Gare
Etablie sur une ancienne écluse au lieu-dit Puy-Laborie, la centrale est en Aveyron et non dans le Lot.
C’est par arrêté du 15 Septembre 1987 que la société Energie et Compagnie d’Arelles fut autorisée à utiliser l’énergie hydraulique.
Sous le régime de l’autorisation , la centrale a un débit réservé de 12m3/sec.

Centrale hydroélectrique de Capdenac-Port, Capdenac-Gare
La centrale hydroélectrique fut construite en 1902.
Réglementée aujourd’hui par décrets du 3 Août 1968 et du 4 Avril 1989, elle est gérée par la SHEM et produisait en 2015 l’équivalent de la consommation électrique de 5000 habitants.
Elle est sous le régime de la concession avec un débit réservé de 5,95m3/sec (4).

Centrale hydroélectrique Assier, Capdenac-Gare
La seule centrale hydroélectrique correspondant, plus ou moins, à un moulin ancien.
La centrale aujourd’hui gérée par Hydrocoop est sous le régime de l’autorisation, avec un débit réservé de 12m3/sec.
Yann Lesellier offre plusieurs informations et photographies du site actuel, à découvrir:

voir le site d’Assier et de l’écluse de Juniac sur lot-46.com

Ci-contre vue du moulin d’Assier vers 1910-1920. Le bâtiment est déjà ruiné, et selon le cadastre ancien il devait être situé en aval de la centrale actuelle, avant le lieu-dit Bonnet.

Les états récapitulatifs des usines effectués entre 1922 et 1924 dans le Lot, dénombrent 1 usine sur la rivière Lot dans le département (donc rive droite). L’usine est simplement nommée « usine électrique de Capdenac » et nous ne pouvons affirmer à quel site des 3 centrales hydroélectriques elle pourrait correspondre. Nous avons hélas pas connaissance d’états récapitulatifs dressées sur le département de l’Aveyron, qui pourraient nous apporter des réponses.
La dite « usine électrique de Capdenac », établie sur le Lot dans la commune de Capdenac, a pour permissionnaire ou concessionnaire la société Vieille Montagne et est réglementée par décret du 18 Novembre 1895. Sa capacité est ainsi décrite (états statistiques, 1920):
– débit annuel moyen de la rivière de 100m3/sec. , débit d’étiage de 10m3/sec.
– hauteur de chute au moulin: 5,65 mètre
– débit annuel moyen dérivé: 8m3/sec.
– Puissance normale brute: 443Kw.
– redevance proposée par le service: 22,15 francs (1920) ; 110,75 francs.

 

32 – le moulin de Floirac, à Cuzac

Le moulin de Floirac est le seul moulin historiquement connu à l’amont de Cajarc sur le Lot et dans ce même département avant que la rivière ne soit plus que dans le département de l’aveyron.
La carte de Cassini de 1781 ci-contre indique bien un moulin sur le site; le symbole est dessiné au nord de la boucle du Lot mais le cadastre de 1933 le précise un peu plus à l’est en un lieu plus logique.

cadastre de Cuzac – 15-11-1833 – Archives départementales du Lot

Du moulin ainsi indiqué (parcelle 486, section B de Floirac – 1ère feuille, Archives Départementales du Lot – cote 3P2574) il ne reste rien aujourd’hui.
La comparaison entre le cadastre de 1833 et le cadastre actuel confirme bien que le moulin se trouvait au milieu du canal séparant l’île de la rive droite, Mais aucune chaussée ne figure sur les plans de Cuzac (1833) comme d’Asprières (1837).
Peut-être la chaussée, toujours existante, fut-elle bâtie uniquement pour assurer la navigation en transformant le moulin en l’écluse de Floirac, aujourd’hui désaffectée ?

Toujours est-il que le moulin devait avoir disparu avant 1920, n’apparaissant pas sur les états récapitulatifs des usines à cette époque.


Ecluse de Bréziès
Le dernier barrage sur le département (ou premier partant de l’amont); l’écluse, désaffectée, est située rive gauche à Bréziès, commune d’Asprières, dans l’Aveyron.
Aucun moulin ne semble avoir été présent sur le site.


Pour terminer notre description des moulins de la rivière Lot sur le département du Lot, nous vous invitons à écouter un peu de l’histoire des moulins proches de l’Aveyron, en occitan:
Robert Fraysse – Molins de Dièja – occitan-aveyron.fr .

Robert Fraysse histoire de moulin en occitan

Gestion du cours d’eau

mise en ligne en cours – plan de gestion des cours d’eau (DIG / PPG)

Bibliographie et sources documentaires

 

1 sandre.eaufrance.fr
2 L’Entente – Vallée du Lot / Syndicat Mixte du Bassin du Lot (SMBL)
3 carte du cours de la rivière du Lot dans la partie que l’on a rendue navigable, commençant deux lieues au-dessus du niveau de Cahors et finissant à… . gallica.bnf.fr
4 laviedelariviere.valléedulot.com / carto.picto-occitanie.fr
5 Le Lot, navigation et batellerie:
« La batellerie ou l’invitation au voyage » – Dire Lot – HS Itinérances Vallée du Lot n°1 .
« Naviguer sur le Lot » – Syndicat Mixte Bassin du Lot .
« Sur le Lot au temps de la navigation » dossier n°4 du service éducatif des archives départementales du Lot .
 » contrat de rivière Lot aval » – gesteau.fr .
6 « La Source bleue » – Wikipédia .
7 groupe de recherche historique de Cuzorn .
8 « Construire en rivière au XVIIIème siècle: les continuateurs de Colbert sur le Lot » , Persée – Philippe Delvit . In: Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, Tome 95, N°164, 1983. Eaux, forêts et biens communaux (XVIIIe-XXe siècle) pp. 429-447; doi : https://doi.org/10.3406/anami.1983.2024 – https://www.persee.fr/doc/anami_0003-4398_1983_num_95_164_2024- persee.fr .
9 Le Journal du Lot, Archives départementales du Lot
10 états statistiques, 1920 à 1925, Archives départementales du Lot
11 article Contact Lotois, n°73 – 2010
12 Bibliothèque Nationale de France – Gallica.fr – carte de Cassini [Cahors], numéro 36, feuille 150, édition 1781

(1) – sandre.eaufrance.fr .
(2) – L’Entente – Vallée du Lot / Syndicat Mixte du Bassin du Lot (SMBL) .
(3) – carte du cours de la rivière du Lot dans la partie que l’on a rendue navigable, commençant deux lieues au-dessus du niveau de Cahors et finissant à… . gallica.bnf.fr
(4) – laviedelariviere.valléedulot.com / carto.picto-occitanie.fr
(5) – Le Lot, navigation et batellerie:
« La batellerie ou l’invitation au voyage » – Dire Lot – HS Itinérances Vallée du Lot n°1 .
« Naviguer sur le Lot » – Syndicat Mixte Bassin du Lot .
« Sur le Lot au temps de la navigation » dossier n°4 du service éducatif des archives départementales du Lot .
 » contrat de rivière Lot aval » – gesteau.fr .
(6) – « La Source bleue » – Wikipédia .
(7) – groupe de recherche historique de Cuzorn .
(8) – « Construire en rivière au XVIIIème siècle: les continuateurs de Colbert sur le Lot » , Persée – Philippe Delvit . In: Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, Tome 95, N°164, 1983. Eaux, forêts et biens communaux (XVIIIe-XXe siècle) pp. 429-447; doi : https://doi.org/10.3406/anami.1983.2024 – https://www.persee.fr/doc/anami_0003-4398_1983_num_95_164_2024- persee.fr .
(9) – Le Lot vers 1850 – recueil de monographies cantonales et communales établies par les contrôleurs des contributions directes – Archives Départementales du Lot – 2001
(10) – Les meuniers en Quercy aux XVIIe et XVIIIe siècles, étude historique – Françoise Auricoste, éditions du Roc de Bourzac, 2002

sources additionnelles: l’écluse de Touzac – Lot-46.com