« NOS MOULINS »


INTRODUCTION .
La présentation des différents types de moulins de notre territoire
CARTES ET RECENSEMENTS ANCIENS .
Historique de cartographies et recensements effectués, depuis Cassini jusqu’à celui que nous essayons de réaliser
CARTOGRAPHIE ACTUELLE .
La carte « google » des moulins et autres sites à ce jour localisés, ceux accessibles au public étant en bleu
CRÉDITS .
les sources documentaires


INTRODUCTION

On classe les moulins de deux manières, selon leur usage ou selon leur fonctionnement. Les quelques lignes ci-dessous tentent d’expliquer ces différences sur les moulins de notre territoire…
LES MOULINS A VENT
ont eu une période d’activité assez courte et bien peu ont survécu, du fait de leur exposition aux intempéries. Ils étaient pourtant vitaux à la population car, pendant les étés secs ou les hivers très froids aux nombreuses gelées, ils remplaçaient les moulins à eau pour moudre les céréales. En Quercy, il s’agissait des « moulins-tours » à l’allure élancée, caractéristiques de notre terroir. Ils étaient bâtis en pierre et ils avaient généralement deux étages. Ils étaient coiffés d’une toiture mobile en bois.
Le mécanisme était réalisé en bois durs (cormier ou sorbier, érable de Montpellier pour le rouet ou la lanterne) ou relativement souples (chêne pour les ailes) suivant les pièces.
 
le moulin de Saillagol, à Saint-Projet dans le Tarn-et-Garonne
LES MOULINS A EAU
sont apparus  et se sont développés en Europe  au Xème siècle. Industries des  temps anciens, ils servaient à maintes tâches et ils sont devenus nécessaires à la survie. Les populations ont maîtrisé la force hydraulique grâce aux moulins et ont progressivement modifié leur mode de vie et surtout leur mode d’alimentation.
Les moulins leur permettaient d’avoir des forges pour modeler des outils, des farines en bonne quantité pour s’alimenter…etc. … Sur le plan technique, les moulins du Quercy sont spécifiques puisqu’ils fonctionnent avec des « rouets », roue de bois puis de métal, placé au bout d’un axe vertical. Le rouet placé en dessous de la meule, la faisant tourner pour écraser la matière.
rouet volant

Le rouet pouvait être dans deux configuration différentes :
– dans un espace dégagé dans lequel l’eau pénètre grâce à une bouche de vanne (vanne sarrasine) :
c’est un «rouet volant»
– dans un puits bâti circulaire : c’est un « rouet en puits »

rouet en puit du moulin d’Aulanac
LES MOULINS A SANG
Les moulins à huile de noix et à pommes sont traditionnellement des moulins à sang, qui fonctionnaient grâce à un cheval ou un âne.
Ils sont « la spécificité de notre région » et nous avons la chance de compter parmi nous des personnes les actionnant et accueillant les visiteurs.

 

Les usages des moulins
Lorsque nous évoquons les moulins, il est commun de penser à ceux produisant de la farine panifiable. Toutefois, particulièrement pour les moulins à eau, leur activité a couvert des domaines d’activités bien plus vaste et il n’est pas usurpé de parler à leur égard, d’usine des temps anciens…
Les moulins à céréales:
Broyer le grain était une fonction première des moulins. Plusieurs d’entre eux dans chaque village occupaient cette fonction, tant le pain était la base de l’alimentation. Plusieurs grains (blé, maïs, sarrasin…) étaient broyés ainsi que des fruits secs comme la châtaigne. Les farines étaient destinées aux hommes, alors appelées « farines panifiables », ou aux animaux de la ferme.
 meule_moulin
Les moulins à céréales pouvaient être spécialisés dans une céréale en particulier; on parle ainsi de moulin bladier pour le blé. Il travaillaient cependant souvent plusieurs céréales et c’est plutôt le type de meule qui définit la céréale à broyer, blé (comme le froment), seigle ou méteil (mélange de blé et de seigle).
Des moulins à farine sont visitables dans tout le Quercy (voir la carte des moulins).

Les moulins à huile de noix et à pommes
:
autrefois, l’huile de noix était quasiment l’unique matière grasse de notre province, utilisée pour l’alimentation humaine, le soin des bêtes et l’éclairage. L’importance de l’huile de noix dans la vie locale explique le grand nombre de moulins, soit un pour trois cents habitants.
La confection de l’huile consistait à dénoisiller les cerneaux de noix, puis à les écraser sous une meule de pierre mue par une jument ou une mule. La matière écrasée était chauffée dans une poêle de cuivre puis pressée sous une presse à bras ou une presse hydraulique. Quatre kilos de noix permettaient de confectionner un litre d’huile. Vous pouvez découvrir tout ce processus et assister à des démonstrations dans les moulins ouverts à la visite. En outre, la fabrication d’huile cohabitait souvent avec celle de jus de pomme car le matériel était similaire. Au moulin Lou Truel de Maurs-la-Jolie, vous pourrez voir des presses ayant servi aux deux activités.

Les moulins à tan
: Peu sont encore visibles. Le tan servait à traiter les peaux d’animaux des tanneurs. Il était obtenu à partir des écorces des chênes ou des châtaigniers. Elles étaient broyées à l’aide de broyeurs verticaux, sorte de moulins à café composés d’un boisseau fixe et d’une noix entraînée en rotation par le roudet de moulin à eau. Ces deux pièces étaient réalisées en bois dur. Le boisseau était fixé dans la partie haute d’un coffre servant de réserve à tan, lui même reposant sur la meule gisante. 

Les moulins scierie
: le moulin prenait à proprement parler un aspect « d’usine » dans sa fonction de scierie. Les moulins, surtout quand ils ont été équipés de turbines, tiraient une puissance énorme de la force hydraulique. Cela a permis d’installer des scies pour découper les grumes ainsi que des machines à bois. Le moulin scierie à voir en Quercy est le moulin de la Moucherotte, à Espinas, le long de la Bonnette.

scierie sur la Bonnette

Les moulines à fer
:
Il existe plusieurs définition d’une mouline: pour certains, la mouline est un petit moulin venant en annexe d’un moulin principal généralement situé à son amont ou sur la rive opposée de la même chaussée; pour d’autres le terme de mouline est spécifique à la transformation du fer. Afin de ne pas prendre parti nous ne disons donc pas « mouline » mais spécifions « moulines à fer ».
Jean LARTIGAUT, dans « Le Quercy après la Guerre de Cent Ans », présente les moulines à fer du Quercy dans un article disponible ICI .
Les moulines à fer étaient très localisées afin d’être au plus proche des lieux d’exploitation du minerai; pour le département du Lot, on avait ainsi une concentration de moulines à fer sur les ruisseaux de la Thèze, de la Masse ou du Vert.
Les moulins à foulons:
Ils servaient à apprêter les étoffes et les draps; beaucoup de moulins étaient spécifiquement dédiés à cette tâche, mais avec le temps plusieurs moulins à céréales se sont vus équipés d’un foulon en complément de leur activité première.

 

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CARTES ET RECENSEMENTS ANCIENS
Les cartes anciennes sont nombreuses, mais celle qui intéresse le plus souvent les recherches sur les moulins est la carte de Cassini, sur laquelle seraient signalés environ 1500 moulins pour le territoire du Quercy.
De nombreux documents et sites internet expliquent l’histoire de cette carte (par exemple les Archives Départementales de Gironde ICI .).
L’important est qu’elle date de la 2ème moitié du 18ème siècle, soit juste avant la révolution et l’élaboration des nouveaux règlements administratifs relatifs aux moulins. Elle permet en particulier de prouver l’existence de certains moulins avant le 4 Août 1789, date avant laquelle tout moulin existant est considéré fondé en titre. Les moulins bâtis après cette date devront être fondés sur titre, avec des contraintes règlementaires beaucoup plus importantes.
Prévue pour couvrir l’ensemble du royaume la carte de Cassini est d’une échelle moyenne de 1/86400ème (1 ligne pour 100 toises, ou 1 toise pour 864 lignes), ce qui rend parfois sa lecture difficile. de même, l’absence d’un moulin ne prouve pas qu’il n’ait pas existé, et la présence d’un symbole de moulin doit bien être vérifié, compte tenu du nombre important de moulins qu’il ait pu y avoir sur une petite zone géographique.
pour les moulins à eau, il faut également se méfier d’un symbole pouvant représenter 1 moulin à deux roues, et non 2 moulins à proximité l’un de l’autre.
Ci-dessous les symboles concernant plus directement les « chercheurs de moulins », pour aider à bien les différencier:

moulin à eau
 moulin à eau à deux roues
 forge ou martinet
 scierie
 moulin à vent en bois
 moulin à vent en pierre (dessin simple)
  moulins à vent en pierre (dessin élaboré)
A préciser l’inclinaison de certains signes:  signifie un moulin à vent en état, alors que  signifie un moulin à vent ruiné.
les symboles des moulins à vent ne doivent bien sûr pas être confondus avec ceux des chapelles, prieurés, abbayes ou commanderie, les cartes de Cassini consultables n’étant pas toujours de bonne qualité.
vous pouvez consulter la carte de Cassini en utilisant les filtres de carte sur le site geoportail.fr .

La carte de Belleyme conçue par Pierre de Belleyme, est plus tardive que celle de Cassini, mais deux fois plus précise (1/43 000ème).
Elle ne couvre cependant que la Guyenne, et est consultable entre autres sur le site du Conseil Départemental de la Dordogne : http://archives-num.cg24.fr/pleade330/pages/carte_belleyme.html

Le cadastre « napoléonien » est sans nul doute le plus précis. Il fut décidé en 1807 et son élaboration prend fin vers 1830.
Outil à vocation fiscale, il permet non seulement de voir l’état précis des moulins à cette époque mais renseigne précisément sur les propriétaires de l’époque ainsi que sur leur famille. C’est l’outil incontournable pour établir la généalogie d’un moulin.

Quant à notre cartographie en cours, elle est alimentée chaque semaine, n’hésitez donc pas à revenir la visualiser et à nous apporter tout renseignement utile à son élaboration, en particulier concernant les moulins à vent.

Les recensements:
Difficile de trouver des recensements antérieurs à 1790, sinon des moulins cités dans les possessions seigneuriales ou d’abbayes. au 19ème siècle les documents sont plus nombreux « grâce » à la mise en place de la fiscalité.
Pour les moulins à eau, outre le cadastre napoléonien, on peut consulter aux archives départementales les séries « S », travaux public et transports, qui mentionnent précisément les moulins en activités pour chaque cours d’eau.

En 1982, pour le seul département du Lot, Monsieur Marcouly, journaliste, avait répertorié plus de 172 moulins à vent. A l’époque un seul pouvait encore moudre le grain: le moulin de Boisse, à Castelnau-Montratier. A ce chiffre s’ajoutaient plus de 500 moulins à eau…
Dans le Tarn-et-Garonne c’est plus de 150 moulins à vent auxquels s’ajoutaient un millier de moulins à eau.
depuis une vingtaine d’années l’association des Moulins du Quercy a effectué des recensements sur des secteurs géographiques précis, dont en particulier le bassin de la Rance et du Célé pour les moulins à eau du Lot.
En 1999 le CAUE du Tarn-et-Garonne (Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et d’Environnement) a également effectué une étude pour recenser les moulins à eau, dans le cadre d’une politique de valorisation.
D’autres associations ou simples amoureux des moulins ont effectué leurs propres recensements, souvent mis à disposition du grand public sur leur site internet.
Il faut par exemple nommer le site moulins-a-vent.net de Patricia Leclercq, qui permet de découvrir de nombreux moulins sur la France entière, quel que soit leur état actuel. 
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CARTOGRAPHIE ACTUELLE

Nous utilisons tous les renseignements disponibles afin d’essayer d’établir une carte des moulins de notre territoire, incluant même les moulins disparus, pour comprendre l’importance qu’ils ont eu (et peuvent encore avoir!) et mieux les connaître.
A ce jour seuls l’Ouysse, le Célé, et l’Alzou jusqu’à Gramat, devraient avoir tous leurs moulins cartographiés. Les prochains repérages devraient se faire sur l’Alzou en amont de Gramat, sur les affluents du Célé, ainsi que pour le bassin du Lendou.
moulin à eau
moulin à vent
autre moulin (pressoir, moulin à sang ou à moteur)

Les couleurs correspondent aux « statuts » suivants:
bleusites accessibles au public
rouge : ancien moulin, disparu ou irrémédiablement altéré
jaune : moulin privé, non accessible
mauve : statut et état du moulin restant à déterminer

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10 - carto TOTALE: 44.416249, 1.437492

icônes mises à disposition par 
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CRÉDITS
article en construction
le recensement est issu d’un travail direct de notre association, mais également de la reprise d’informations issues d’autres sites, associations et simples amoureux de ce patrimoine:
lot-46.com : l’un des sites personnels les plus complets sur le patrimoine bâti du département en général 

les collections de cartes anciennes de David Rumsey
un site en anglais, sur l’histoire des cartes, depuis les plus anciennes jusqu’aux actuelles. Ceci ne concerne pas particulièrement les moulins, mais ils figurent cependant sur de nombreuses cartes

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