MOULIN DE LA FORGE à SOUILLAC

Le moulin de la Forge

Présentation

Le moulin de la Forge est situé sur le cours d’eau de la Borrèze, au lieu-dit « La Forge » sur la route de Bourzoles, dans la commune de Souillac dans le Lot.
Deux sites étaient historiquement présents autour de Bourzoles, et à ne pas confondre:
– le moulin de la Forge, situé au lieu-dit « La Forge »
– la forge de Bourzoles, situé dans le hameau du même nom.
Nous parlons ici du premier.

moulins et forges autour de Bourzoles
(Archives départementales du Lot – cote 3P2730)

En plus des bâtis hydrauliques et vestiges de la forge, tel le haut-fourneau, le site comprend le manoir ou maison du Maître des Forges régulièrement ouvert au public, un parc arboré, une fromagerie et de nombreux autres bâtis (anciennes écuries, four à pain, lavoir, ancien méthaniseur,…).
L’endroit est régulièrement ouvert au public grâce aux actions de ses propriétaires et de l’association La Forge au fil du Temps (1) qui mènent des activités artistiques, culturelles, paysagères, manuelles et musicales .

Histoire du moulin

Texte et photographies: association La Forge au fil du temps (1):
Il existait à l’origine sur le site un moulin à grain, dit « du boulet ». Le lieu devait son nom à l’activité de forge ou fonderie qui fut créée par la famille De Coustin au début du 16ème siècle.
Les seigneurs De Coustin, profitant des progrès de la sidérurgie, établirent une forge composée d’un haut-fourneau dont le fonctionnement était assuré par un bief (canal) de 800 mètres de long, et d’un atelier de montage. Minerai, bois et castine nécessaires à la production de fonte se trouvaient en effet en abondance sur les territoires alentour.

En 1791 l’établissement est vendu à Denis Deltheil, qui fait considérablement prospérer le domaine et apporte d’importantes modifications à son usine.
A la mort de Denis son fils Jean-Baptiste reprend l’affaire et lui donne une nouvelle impulsion en améliorant la fonte. Il créé une affinerie pour la production du fer, autorisé par une ordonnance du roi Charles X le 13 Mars 1828. Le fer, plus couramment usité et à la commercialisation plus facile, permet de nouveaux débouchés.
C’est dans cette période de prospérité qu’il fait bâtir près de la forge sa belle demeure où il vivra avec son épouse Anaïs, descendante d’Alexandre de Beauharnais.
Il s’impliqua aussi dans la vie politique en tant que président du conseil départemental du Lot.

le site du moulin de la Forge au 30 Mai 1830
(Archives Départementales du Lot – cote 3P2730)

La politique économique du libre échange, la création des usines anglaises utilisant de la houille et la naissance du chemin de fer provoquèrent le déclin inexorable de la forge de Bourzolles, qui ferma définitivement en 1860.

En 1887 Julien Valat devient le nouveau propriétaire de la Forge. Il est issu d’une très ancienne famille commerçante souillagaise impliquée dans la vie municipale et à laquelle on doit des bâtiments emblématiques, tel l’hôtel de la promenade, la maison « Valat » ou la maison « Vizerie ».
Il entreprend de rénover le site et, passionné d’électricité, il installe pour son usage personnel une petite chambre hydroélectrique à l’endroit de l’affinerie en utilisant la chute d’eau. Il ornemente la grande maison et enrichit le parc de pièces d’eau et d’essences rares d’arbres.

En 1900 la ville de Souillac souhaite elle aussi bénéficier de l’électricité.
Un partenariat est conclu, et la petite centrale devient l’usine électrique « Sainte-Thérèse »… 

oeuvre de Raphael Gasperi, artiste-peintre (1867-1927)

Julien Valat fait élever les murs du canal et de la retenue et approfondir le canal de fuite pour obtenir une chute de 6 mètres alimentant une turbine de 40 chevaux. L’usine électrique fonctionnera jusqu’en 1930.

En érudit, Jean-Baptiste Deltheil possédait de nombreux ouvrages littéraires. Julien Valat et sa famille vont à leur tour enrichir cette bibliothèque. Sa petite-fille, Marie-Anne Lacoste, mit ces ouvrages à la disposition du public en créant l’association « La Forge Patrimoine » en 1991.


A son décès, sa fille Florence Lacoste fit don à la bibliothèque de Souillac des nombreux ouvrages, revues, articles, cartes postales et photos qui constituent un fond patrimonial extrêmement riche.

Usine électrique de LAFORGE, près Souillac (Lot)

Les meuniers

Il s’agit bien d’un chapitre « Les meuniers », mais dans le cas du moulin de La Forge on pourrait le renommer « Les sidérurgistes »…

16ème siècle: La famille De Coustin créé l’activité de forge, peut-être d’un moulin existant.

1791: Le moulin est vendu à Denis Deltheil, dont la famille développera le moulin

1887: Julien Valat devient le nouveau propriétaire du site

Actes administratifs et règlementaires

13 Mars 1828
L’ordonnance Royale de Charles X règlemente l’ancienne forge établie
15 Juillet 1828
Procès-verbal de constatation, indiquant en particulier le repère légal apposé pour règlementation de la Forge
10 Mars 1907
Des propriétaires et usinier en amont de la forge déposent une pétition, se plaignant de la submersion de leurs terres et de l’impact sur le fonctionnement du moulin d’en dessus, du fait de l’usine de la Forge. Ils demandent ainsi que la forge soit règlementée.
19 Août 1907
Décision ministérielle autorisant la révision de l’ordonnance du 13 Mars 1828, compte tenu de la disparition du repère légal. 
16 Novembre 1908
Suite à la pétition les Ponts-et-Chaussées procèdent à une visite des lieux.
L’opposition demeure entre les pétitionnaires et M. Valat, propriétaire du moulin, qui s’appui sur la règlementation existante, …: procès-verbal de visite des lieux .
1er Mai 1909
Rapport de l’ingénieur des Ponts-et-Chaussées en faveur d’une règlementation de l’usine électrique de la Forge sur la base des relevés existants…: rapport de l’ingénieur .
25 Mars 1910
L’arrêté est pris par le préfet  d’eau afin de règlementer l’usine suite aux diverses plaintes et rapports des Ponts-et-Chaussées: règlement d’eau .
2 Octobre 1911
Les Ponts-et-Chaussées effectuent une visite afin de vérifier que les travaux et aménagement demandés par les précédents actes ont bien été effectués. procès-verbal de récolement . Il s’agit d’une « réception des travaux », incluant quelques croquis, et actant la conformité de ce qui a été exécuté: procès-verbal de récolement .
1925
L’état statistique des moulins dressé en vue de l’établissement des taxes détaille ainsi l’usine de la forge:
– hauteur de chute: 6,30 mètres
– débit annuel moyen dérivé: 450 (litres/sec.)
– puissance normale brute: 27 kW

Données hydrographiques

A ce jour aucune donnée hydrographique n’est disponible sur les bases de données officielles disponibles au public. Une étude est en cours dans le cadre du projet « Le Réveil des Moulins du Quercy » mais dans l’attente les seules données restent celles des états statistiques de 1925 (Archives Départementales du Lot):

débit d’étiage du cours d’eau: 300
débit annuel moyen du cours d’eau: 1500
hauteur de chute: 6,30 mètres
débit annuel moyen dérivé: 450
puissance normale brute: 27 Kw

Sources documentaires

  1. Association La Forge au fil du temps, laforgeaufildutemps@orange.fr , Facebook@LaForgeSouillac .
  2.  Archives Départementales du Lot .

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