LES DIFFÉRENTS MOULINS

On classe les moulins de deux manières, selon leur usage ou selon leur fonctionnement. Accordons les quelques lignes suivantes à leur usage, à ce que les moulins pouvaient ou peuvent encore produire sur notre territoire…
LES MOULINS A VENT ont eu une période d’activité assez courte et bien peu ont survécu, du fait de leur exposition aux intempéries. Ils étaient pourtant vitaux à la population car, pendant les étés secs ou les hivers très froids aux nombreuses gelées, ils remplaçaient les moulins à eau pour moudre les céréales. En Quercy, il s’agissait des « moulins-tours » à l’allure élancée, caractéristiques de notre terroir. Ils étaient bâtis en pierre et ils avaient généralement deux étages. Ils étaient coiffés d’une toiture mobile en bois.

moulin deSaillagol

 Le mécanisme était réalisé en bois durs (cormier ou sorbier, érable de Montpellier pour le rouet ou la lanterne) ou relativement souples (chêne pour les ailes) suivant les pièces.

 

LES MOULINS A EAU sont apparus  et se sont développés en Europe  au Xème siècle. Industries des  temps anciens, ils servaient à maintes tâches et ils sont devenus nécessaires à la survie. Les populations ont maîtrisé la force hydraulique grâce aux moulins et ont progressivement modifié leur mode de vie et surtout leur mode d’alimentation.
Les moulins leur permettaient d’avoir des forges pour modeler des outils, des farines en bonne quantité pour s’alimenter…etc. … Sur le plan technique, les moulins du Quercy sont spécifiques puisqu’ils fonctionnent avec des « rouets », roue de bois puis de métal, placé au bout d’un axe vertical. Le rouet placé en dessous de la meule, la faisant tourner pour écraser la matière.

rouet volant

Le rouet pouvait être dans deux configuration différentes :
– dans un espace dégagé dans lequel l’eau pénètre grâce à une bouche de vanne
(vanne sarrasine) : c’est un « rouet volant »
– dans un puits bâti circulaire : c’est un « rouet en puits »

rouet en puit du moulin d’Aulanac

Les usages des moulins à eau
Lorsque nous évoquons les moulins à eau, il est commun de penser à ceux produisant de la farine panifiable. Toutefois, leur activité a couvert des domaines d’activités bien plus vaste et il n’est pas usurpé de parler à leur égard, d’usine des temps anciens…
Les moulins à tan: Peu sont encore visibles. Le tan servait à traiter les peaux d’animaux des tanneurs. Il était obtenu à partir des écorces des chênes ou des châtaigniers. Elles étaient broyées à l’aide de broyeurs verticaux, sorte de moulins à café composés d’un boisseau fixe et d’une noix entraînée en rotation par le roudet de moulin à eau. Ces deux pièces étaient réalisées en bois dur. Le boisseau était fixé dans la partie haute d’un coffre servant de réserve à tan, lui même reposant sur la meule gisante.
Les moulins à farine: broyer le grain était une fonction première des moulins. Plusieurs d’entre eux dans chaque village occupaient cette fonction, tant le pain était la base de l’alimentation. Plusieurs grains (blé, maïs, sarrasin…) étaient broyés ainsi que des fruits secs comme la châtaigne. Les farines étaient destinées aux hommes et étaient alors appelées « farines panifiables » ou aux animaux de la ferme. Des moulins à farine sont visitables dans tout le Quercy (voir les moulins à voir en Quercy). meule_moulin

scierie sur la Bonnette

Les moulins scierie: le moulin prenait à proprement parler un aspect « d’usine » dans sa fonction de scierie. Les moulins, surtout quand ils ont été équipés de turbines, tiraient une puissance énorme de la force hydraulique. Cela a permis d’installer des scies pour découper les grumes ainsi que des machines à bois. Le moulin scierie à voir en Quercy est le moulin de la Moucherotte, à Espinas, le long de la Bonnette.

 

LES MOULINS A SANG
Les moulins à huile de noix et à pommes sont traditionnellement des moulins à sang, qui fonctionnaient grâce à un cheval ou un âne.
Ils sont « la spécificité de notre région » et nous avons la chance de compter parmi nous des personnes les actionnant et accueillant les visiteurs.
Autrefois, l’huile de noix était quasiment l’unique matière grasse de notre province, utilisée pour l’alimentation humaine, le soin des bêtes et l’éclairage. L’importance de l’huile de noix dans la vie locale explique le grand nombre de moulins, soit un pour trois cents habitants.
La confection de l’huile consistait à dénoisiller les cerneaux de noix, puis à les écraser sous une meule de pierre mue par une jument ou une mule. La matière écrasée était chauffée dans une poêle de cuivre puis pressée sous une presse à bras ou une presse hydraulique. Quatre kilos de noix permettaient de confectionner un litre d’huile. Vous pouvez découvrir tout ce processus et assister à des démonstrations dans les moulins ouverts à la visite. En outre, la fabrication d’huile cohabitait souvent avec celle de jus de pomme car le matériel était similaire. Au moulin Lou Truel de Maurs-la-Jolie, vous pourrez voir des presses ayant servi aux deux activités.