CONTINUITÉ ÉCOLOGIQUE

 

RESTAURATION DE LA CONTINUITÉ ÉCOLOGIQUE ?

Beaucoup de moulins à eau ont disparu, par désintérêt économique, patrimonial ou par manque d’entretien et abandon pur et simple. Notre association se bat pour que ceux qui restent.
Les réglementations de « restauration de la continuité écologique » mènent à l’effacement du seuil pour de nombreux moulins, signifiant un coup d’arrêt pour le potentiel hydro-électrique d’un moulin, alors que le même ministère prône l’autosuffisance énergétique.
Ceci sans parler des incitations à parfois combler les biefs parce qu’il diminuent le débit d’eau des cours d’eau (sic). Un moulin à eau sans eau… n’est plus un moulin à eau. Et c’est la raison de nos actions.

A lire les actes du congrès FFAM 2016, supplément de la revue n°107. l’article de Patrice CADET, page 11, est un résumé complet des contradictions des réglementations liées à la « restauration de la continuité écologique »: lire l’article .
A voir également la table ronde sur l’usage et la gestion équilibrée des cours d’eau organisée par la commission du développement durable.
Patrice CADET a défendu nos moulins au cours de ce débat dont la vidéo est en ligne:
la vidéo complète

MORATOIRE:
De nombreuses associations réclament un moratoire sur ces réglementations.
ICI le dossier de presse du moratoire au 23 Mars 2016, expliquant clairement les enjeux.
ICI l’argumentaire de la FFAM pour un moratoire sur l’article L214-17 du Code de l’Environnement, contredisant les études avancées par les autorités pour cette restauration de la continuité écologique.

Quoiqu’il en soit les réglementations ont commencé à être appliquées et depuis des années certains moulins en ont fait les frais (voir moulins en danger).
Pour « aider » les propriétaires de moulins à eau à se mettre aux normes, l’agence de l’eau Adour Garonne avait lancé un appel à projet ( accès au document ), en résumé: détruisez le seuil de votre moulin et vous n’aurez rien à payer…

Afin de rester partial, ICI un lien sur le site du Ministère de l’Ecologie afin de contester notre position.

Information de la FFAM
24 Août 2016

Les moulins, troisième patrimoine de France, et les seuils en danger

La France s’apprête à supprimer plusieurs dizaines de milliers d’ha de zones humides malgré les engagements pris durant la conférence de Paris sur le climat. Tout le monde sait à quel point les zones humides sont importantes pour la planète grâce à leurs fonctions écologiques multiples qui leurs permettent de digérer nos nitrates et autres polluants agricoles, y compris les pesticides, et tout cela gra-tui-tement ! 

Tous ces processus se passent dans les lacs, les étangs, les mares et … dans les seuils de nos 60 000 vieux moulins, qui ont en plus la capacité d’absorber le gaz à effet de serre et d’oxygéner l’eau. Ces seuils représentent au minimum 30 000 ha de zones humides. Mais ils sont voués à la destruction suite à une loi Française, la LEMA de 2006, (issue de la directive cadre européenne sur l’eau de 2000) parce qu’on reproche aux seuils de faire disparaître les poissons notamment migrateurs ?

Nous passerons sur l’histoire qui prouve que les moulins ont fait très bon ménage avec les poissons durant des siècles, et que ce sont les grands barrages construits au19e siècle qui ont stoppé les migrations. Mais aujourd’hui, 150 ans plus tard, rester figé sur ce constat est un peu surprenant, surtout après la COP 21 qui nous a appris que la pollution et le changement climatique sont à l’origine de la sixième crise d’extinction d’espèces ! Pour faire court, la destruction des inoffensifs seuils de moulins (3ème patrimoine de France) et même des barrages, véritables obstacles, ne peut plus ramener nos poissons, mais au contraire, va accélérer leur disparition. Pourquoi ?

Parce que les fonctions de ces zones humides vont disparaître. En s’appuyant sur des travaux scientifiques Américains et Européens, on peut estimer que ces 30 000 ha effacent tout de même l’ardoise de pollution d’environ 2% de nos terres cultivées en France, mais effacent aussi environ 5% des émissions de CO2 de notre circulation automobile. Ce n’est pas rien ! Et encore une fois gratuitement et en silence. Au lieu d’ajouter une ligne sur nos feuilles d’impôts ne serait-il pas plus astucieux de faire travailler la nature et de construire des seuils, en les équipant pour éventuellement faciliter le passage des quelques centaines de poissons, notamment migrateurs (saumons, ..), qui restent en France ?

Mais il y a pire, il faudra aussi dire adieux à nos huîtres et à nos coquillages qui sont déjà en train de mourir le long de nos côtes, alors que la destruction des seuils ne fait que commencer… Plus on enlèvera de seuils, plus les polluants arriveront vite sur nos côtes et ils seront en pleine forme ! L’eau arrivera aussi plus vite, augmentant les risques d’inondations. Enfin, et ce n‘est pas le moindre, ces seuils peuvent aussi être employés pour transformer la force motrice de l’eau en énergie électrique renouvelable de proximité, pas chère du tout, technique durable par excellence, apportant un peu de ressources dans nos campagnes et surtout créant toute sorte d’emplois.

L’argent utilisé pour détruire nos seuils de moulins aura exactement l’effet inverse de celui escompté, supprimer les processus d’épuration de l’eau et la production d’énergie renouvelable qui permettrait justement de rendre le milieu aquatique propice à la vie de nos poissons légendaires. Il faudrait changer la loi en intégrant ce que l’on sait aujourd’hui, avant qu’il ne soit trop tard, en se souvenant que les représentants du peuple Français en 1789, ont abrogé tous les privilèges durant la révolution sauf…, sauf les droits d’eau, sur lesquels s’est ensuite bâti tout notre développement énergétique et industriel. Ces droits d’eau n’étaient pas perçus comme un moyen d’asservir le peuple, mais au contraire de le servir. Ces mêmes représentants ont aussi rédigé la déclaration universelle des droits de l’Homme. Ils ont pu préserver l’avenir.

Conclusion :

Protéger le patrimoine des moulins c’est d’abord respecter nos racines industrielles et culturelles passées, mais c’est également se projeter dans le futur. Même si le bâti n’est pas spectaculaire au point de représenter un élément de « patrimoine remarquable », les fonctions écologiques associées au système hydrologique généré par le seuil, constituent incontestablement un élément unique de notre patrimoine vivant national. Au sein de la population, les moulins jouissent d’un capital de sympathie particulièrement élevé. Ils sont reconnus comme des éléments identitaires incontournables de nos racines culturelles qu’il faut préserver. Si tout le monde ne sait pas dessiner un mouton, tout le monde sait dessiner un moulin !

Il est urgent que nos élus amendent la loi pour éviter l’irréparable et engagent notre pays dans une nouvelle stratégie constructive susceptible d’améliorer la qualité de l’eau et de reconquête de notre biodiversité aquatique en voie de disparition. La première démarche consistera à faire la distinction entre un seuil, qui n’est pas un obstacle, et un barrage, qui en est un. Comme ceux des maisons, les seuils des moulins ne sont pas des obstacles, mais des lieux d’accueils.

L’objectif ultime étant une réécriture équilibrée de l’article L214-17 de la Loi sur l’Eau et le Milieu Aquatique de 2006.