Bassin du Vers et de la Rauze, les moulins…

page en cours de mise à jour (Novembre 2022)

Le Bassin

Le ruisseau du Vers,, selon la version du Sandre (1) qui l’identifie sous le code O8410500, a une longueur officielle de 23,01 kilomètres, prenant sa source dans la commune de Labastide-Murat (Coeur-de-Causse) pour se jeter dans le Lot à Vers (Saint-Géry-Vers). Depuis la création de communes nouvelles il traverse ainsi 8 communes :
Cabrerets, Cras, Cœur-de-Causse, Bellefont-la-Rauze, Lauzès, Les Pechs du Vers,  Saint-Géry-Vers et Soulomès.

Aux 23km du Vers il faut encore ajouter les affluents principaux:
– la Rauze sur 10 kilomètres,
– le ruisseau de Nougayrol sur 5 kilomètres,
– le ruisseau de Puycalvel sur 3 kilomètres,
– le ruisseau de Mazard sur 2 kilomètres. Nous l’appellerons ainsi, sous sa dénomination ancienne, mais il répond au nom de « O8411040 » selon l’administration aujourd’hui.
– de même nous nommons « ruisseau de Goudal » toute la partie amont du Vers, en désaccord avec l’appellation administrative actuelle; cette partie est en effet nommée ainsi dans les documents plus anciens, se transformant même, à proximité de Labastide-Murat, en « ruisseau de Valeille », puis « ruisseau de Frouals », et encore parfois « ruisseau de Soyris » du nom de la source qui fut parfois associée au Vers.

Histoire

On prête souvent au Vers un aspect « sauvage » et « naturel ». C’est loin d’être le cas.
Tant pour l’agriculture que pour l’implantation humaine avec de près de 50 sites de moulins à eau sur la totalité du bassin, une bonne proportion des cours d’eau a été remaniée.
C’est même dès le 1er siècle après J-C que la moitié aval du Vers a connu des aménagements pour la construction de l’aqueduc romain qui allait alimenter l’actuel Cahors.
Ainsi au pied de l’oppidum de Murcens, juste en amont de Font-Polémie,  les captages établis sur des résurgences comme sur le ruisseau lui-même  devaient pouvoir assurer l’apport d’eau en suffisance la plus grande partie de l’année. En aval de ces captages le ruisseau a connu a cette occasion un aménagement important, son tracé ayant été modifié et son lit élargi et creusé (2) .

fouilles archéologiques à la source de l’aqueduc

Font-Polémie est encore aujourd’hui un lieu de captage pour l’adduction en eau potable (239 327 m3 prélevés en 2013).

Les moulins – présentation

Sur l’ensemble de ce réseau de 43 kilomètres, 48 sites de moulins ont pu être relevés, et au moins 42 d’entre eux ont coexisté au début du 19ème siècle.
Ces moulins étaient presque tous de 1 à 3 meules à rouet, et souvent équipés en aval d’un foulon à 2 maillets.
Beaucoup aujourd’hui ont disparu ou été irrémédiablement modifiés, et aucun n’a d’activité de meunerie. Plusieurs pourtant (l’un ayant été ponctuellement ouvert au public), que ce soit de part leur architecture, leur localisation ou leur bâti hydraulique, peuvent encore utiliser leurs atouts voire être réactivés pour une production énergétique.

La cartographie qui suit, élaborée entre 2015, présente chacun de manière plus ou moins succincte, témoignant de l’importance de ces usines jusqu’au siècle dernier.

Cette carte actuelle dénombre les moulins tels qu’ils sont décrits plus bas.
La carte de Cassini, plus ancienne, détaille l’implantation de 34 moulins co-existants sous l’ancien régime (même si la carte de Cahors fut éditée en 1815):  

extrait de la carte de Cassini, Cahors

Les moulins – en détail

SUR LE RUISSEAU DE NOUGAYROL

Ce ruisseau de 5 kilomètres (code Sandre O8410540) prend sa source au sud-ouest de Soulomès. 

1- le moulin de Nougayrol
Situé sur le ruisseau du même nom il a disparu depuis longtemps puisqu’en 1840 ne figure déjà plus sur le cadastre qu’une étendue d’eau sans bâtiment proche. Il y avait cependant là en 1799-1800 un petit moulin à 1 seule meule a rouet, qui de surcroit appartenait à François Bastil, alors sous-préfet de Gourdon (4) .

2 – le moulin de Garrigues
Aujourd’hui disparu, il était situé à la limite des communes de Soulomès, de St-Sauveur-la-Vallée et de St-Cernin.
A plus de 2 kilomètres en aval du précédent, il appartenait à Jean Paul Grepon en 1800; il s’agissait également d’un petit moulin à 1 seule meule à rouet prenant toutes les eaux du ruisseau, qui semble également paraître sur la carte de Cassini.

SUR LE RUISSEAU DE GOUDAL

3 – le moulin de Goudal
Disparu, c’était le moulin le plus en amont sur le ruisseau du Vers tel qu’il est nommé aujourd’hui. Equipé d’une seule une meule à rouet, il semblait être appelé « moulin de Tréneoule » en 1800, mais appartenait alors au citoyen Goudal.
Il restait encore ces dernières années son canal d’amenée, mais des travaux ont été menés en 2021 par le propriétaire ou exploitant de la parcelle, supprimant canal et arbres le longeant, semble-t-il afin d’agrandir la parcelle…

4- le moulin de Marcouli
du nom de son propriétaire en 1800, un autre moulin à une seule meule. Du bâtiment rasé il ne restait en 2015 que la chambre d’eau et les vestiges de la conduite forcée.
Pour ce moulin ou le précédent, on dit que les pierres mêmes des canaux furent revendues par son propriétaire.

SUR LE RUISSEAU DE PUYCALVEL

Ce ruisseau de 2,69 kilomètres (code Sandre O8410520) prend sa source au lieu-dit de Puycalvel, commune de Lamothe Cassel. Il se joint aux eaux du ruisseau de St-Georges (non référencé) avant de je jeter dans le ruisseau du Vers. 

5- le moulin de Puycalvel
Disparu, c’était le seul moulin sur le ruisseau du même nom, dont il prenait toutes les eaux. Il appartenait au citoyen Gari en 1800. Il n’apparait pourtant pas sur les cadastres de 1826-1827, et n’a donc pas pu être situé; la carte de Cassini montre bien un moulin, mais proche de la source de Puycalvel (ce qui peut étonner compte tenu du peu de débit); l’enquête de 1800 indique de son côté qu’il était situé à 1,9 kilomètre de la source, donc peut-être de manière plus plausible à la confluence du ruisseau de Puycalvel.

SUR LE RUISSEAU DU VERS

6- le moulin de Caviole
le premier moulin amont dont l’ensemble des bâtiments et le bâti hydraulique soient encore présents; la chambre d’eau elle-même est encore présente (2015).
En 1800, connu sous le nom de « 1er moulin de St-Sauveur », il était décrit comme étant équipé d’une digue en pierre de 2,36 mètres de hauteur avec une vanne en son milieu pour servir de décharge des eaux lors des crues; l’étang de la retenue avait quant à lui un petit déversoir d’environ 0,61 mètre de largeur. Fonctionnant avec 2 meules à rouet, il appartenait à M. Martin, habitant de Saint-Cernin (à noter qu’au 1er recensement de population, en 1836, aucun meunier n’est dénombré à Saint-Cernin).
Sur le cadastre de 1840 il est connu sous le nom de moulin de Caviole, sans nul doute du nom de Pierre Caviole, meunier vivant à Soulomès avec son épouse Marie Dauliac et leur fils Jean (Saint-Sauveur fait alors partie de Soulomès).
Le moulin apparaît toujours en 1922 dans les états statistiques, appartient à Louis Caviole et est ainsi décrit:
– débit d’étiage du cours d’eau de 60 litres/sec. , pour un débit annuel moyen de 120 litres/sec..
– pas de titre
– hauteur de chute 4 mètres
– débit annuel moyen dérivé 103 litres/sec. .
– puissance normale brute 4 kW.
– 5 mois de chômage.

7-8 les moulins de St-Sauveur
une partie de cet ancien moulin situé aux premières maisons du bourg existe toujours. En 1800, sous le nom de « 2nd moulin de St-Sauveur », il s’agissait d’un moulin équipé de deux meules à rouet et appartenant à M. Bastide. Contigü à ce moulin, un second équipé d’une seule meule, appartenant à M. Grepon cadet.
En 1920 un seul subsiste sous le nom de « moulin de Martel », avec une puissance de 4kW ; il appartenait alors à Louis Courdes.

9- le moulin de Delluc : aujourd’hui disparu, il était connu en 1800 sous le nom de « moulin de Largiès » et appartenait à M. Delluc. C’était un moulin à deux meules à rouet. En 1920 il appartient à Alphonse Grepon, et affiche une puissance de 4kW.

10- le moulin Neuf
le bâtiment existe toujours, ainsi qu’une partie de la chambre d’eau et le bâti hydraulique. Deux meules à rouet qui en 1800 appartenaient à M. Malique, de Cahors. En 1920 on le connait aussi sous le nom de « moulin de Cosse », et il appartient à Louis Rossignol. Il affiche alors une puissance de 4kW.

11- le moulin de Roudayres
moulin aujourd’hui ferme-camping, il reste peu de son bâti hydraulique. Sa défuite alimentant le moulin suivant fut d’ailleurs comblée. A deux meules à rouet, il appartenait en 1800 à M. Grepon, et encore en 1920 à Eugénie Grépon avant qu’elle ne prenne le nom de Vilard. Il affichait à cette époque une puissance de 4kW.

12- le moulin de Gaussille
il n’en reste rien, ni le bâtiment ni même les canaux. A deux meules à rouet, il appartenait en 1800 à M. Cayla. Il disparaît entre 1828 et 1920.

13 – le moulin du Pont
Cet ancien moulin dont une partie a disparu a été transformé en habitation, et conserve encore ses canaux et son étang de retenue. Il n’apparaît pas sur la carte de Cassini, au contraire de ses voisins immédiats.
Ci-contre plan du 25 Juillet 1828 (Arch. Dép. du Lot, cote 3 P 2712)

Le moulin au 19ème siècle:
En 1799-1800 il est ainsi décrit: « Ce moulin est situé sur la rive droite du ruisseau dans la commune de St Martin de Vers à 172 toises (335 mètres) de distance au-dessous du moulin précédent. Il appartient au citoyen Cambres habitant le Coutin. Il est à 3 meules à rouet et a environ 12 pieds de chute. Il n’y a à l’amont que de très petits déversoirs servant de décharges. La digue est en pierre; elle est établie à 107 toises  (209 mètres) de distance au-dessus du moulin. Elle a 3 toises (6 mètres) de longueur sur 5 pieds de largeur et son couronnement est à 2 pieds en contrabas des terres. La défuite va joindre le ruisseau au-dessus de la digue du moulin suivant. « 

Le moulin au 20ème siècle:
sur les états statistiques de 1920 il est indiqué à trois meules à rouet, affichant une puissance de 7kW.

Il était lié au moulin suivant, le Coutin, semblant avoir toujours appartenu aux mêmes propriétaires : M. Cambres en 1800, M. Grimal en 1920.

 

 

14- le moulin du Coutin
le coutin est constitué d’un bel ensemble autour d’une cour fermée, mais son moulin à deux meules à rouet, à l’arrière, a été abandonné, sa salle d’eau même sans doute comblée et recouverte.
En 1800 il appartenait à M.Cambres en v1800, M. Grimal en 1920, et indiqué alors d’une puissance de 4kW.

15- le moulin de l’Aule
le petit moulin de cet ensemble, à une seule meule, n’existe déjà plus en 1920. En 1800 il appartenait à M. Raffy.

16- le moulin de Peyronnenc
appelé moulin de Cassagne en 1800, cet ancien moulin à deux meules à rouet appartenait alors à M. Battude. Tenant toujours debout mais à l’abandon, il n’était déjà plus référencé en 1920.

17- le moulin de Laplace
appartenant aujour’hui à un membre de l’Association des Moulins du Quercy ce moulin est sans doute le plus accessible, ponctuellement ouvert au public et situé dans le cœur du bourg de Saint-Martin-de-Vers.
Ce moulin de moyenne importance, à trois meules à rouet dont l’un en métal est encore visible, voit son existence déjà mentionnée en 1521 : « (…)Gaillart Dugarric achète en 1521 de Guillaume Dupuy de Saint-Martin, la moitié du moulin de la place de Saint-Martin-de-Vers, portant 8 cartes de mixture et 4 cartes de froment de rente au prieur de Saint-Martin » (monographies d’Edmond d’Albe et Ribeyroles, notaire).
Il offre quelques particularités, telles un lavoir privé situé à la sortie de la chambre d’eau, ou des vannes latérales sur le canal d’amenée permettant autrefois l’irrigation d’un pré, et aujourd’hui de contrôler le débit lors de montées des eaux.
En 1800 il appartenait à la citoyenne Cassagne, et en 1920 à la famille Vayssié, affichant alors une puissance de 6kW

18- le moulin du Bouysset
à l’abandon, cet ancien moulin à deux meules à rouet, et à la puissance estimée à 7kW, appartenait en 1800 à M. La Riverie. En 1920 il appartient à Mme Marthe.

19- le moulin de Roumegas
le moulin, transformé en maison, n’existe plus en tant que tel. A deux meules à rouet et d’une puissance de 6kW, il appartenait à M. Labarthe en 1800, et à Louis Garrigue en 1920.

20- le moulin de la Rode
le bâti hydraulique du moulin subsiste toujours, et appartient toujours à la famille du dernier meunier.
A trois meules à rouet et d’une puissance de 7kW, il appartenait à M. Tregou en 1800, Jean Cappelle en 1920 et aujourd’hui à la famille Mangin.

21- le moulin de Cras
le bâtiment a encore son réseau hydraulique mais l’état de la chambre d’eau est inconnu. Il y avait là trois meules à rouet, offrant la puissance de 7kW. En 1800 il appartenait à M. Lagarrigue, et en 1920 à Jean Redoules.

22- 23 les moulin de Cras
il y avait là deux moulins à deux meules à rouet. En 1800 le premier appartenait à Guillaume Blanc et le second à M. Grepon. Plus tard un seul subsiste, appartenant à Albert Martel et affichant 6kW.

24- une minoterie de Cras ?
Aucune information sur ce bâtiment, éloigné du cours d’eau, mais qui apparaît pourtant sur le cadastre de 1829.

25- le moulin de Duvous
totalement disparu, ce petit moulin à une seule meule a sans doute disparu du fait de sa position dans un endroit très resserré de la vallée. En 1800 il appartenait à M. Duvous.

26- le moulin de Font Polémie
il ne subsiste que le bâtiment en ruine de ce moulin situé juste en deça de la source de Font Polémie, bien connue pour avoir été le départ de l’aqueduc alimentant la ville de Cahors en des temps plus anciens.
Equipé de deux meules à rouet, il appartenait en 1800 à Gontant de Birone, sieur du château de Cabrerets. En 1920 il appartient à M. de Monzie, et affiche la puissance de 8kW.

27- le moulin de St-Hilaire
appelé moulin de St-Alavy en 1800, ce moulin disparu était à deux meules à rouet et appartenait alors à M. Galour.

28- moulin de Sibadal : ce moulin disparu, à deux meules à rouet, était déjà en mauvais état en 1800 alors qu’il appartenait à M. Borie.

LE RUISSEAU DE LA RAUZE
Aucun des états récapitulatifs de 1920 à 1924 ne mentionne les 6 moulins ci-dessous sur ce cours d’eau, également parfois appelé ruisseau de Maquefave ou ruisseau St-Julien. Figurant encore tous sur les cadastres de Napoléon, il semble donc qu’ils soient tous devenus inactifs dans la seconde moitié du 19ème siècle :

29- le moulin de Talou
disparu. Premier moulin sur le ruisseau de la Rauze, il portait le nom de moulin du Faurel en 1800. Equipé d’une meule à rouet, il appartenait alors à M. Tailou dont il prit sans doute le nom.

30- le moulin de Lespigol
à deux meules à rouet, il appartenait à M. Mercat en 1800. Déjà en mauvais état et après avoir été endommagé par une crue il y a quelques années, il a été rasé.

31- le moulin de Maquefave
encore existant, le moulin était à deux meules à rouet et appartenait à M. Maufit (?). Il appartient aujourd’hui à un membre de l’association des Moulins du Quercy.

32- le moulin de Gironde
appelé moulin de Lacroix en 1800, ce moulin à deux meules à rouet appartenait alors à M. Lacroix de Gironde. Il n’en reste aujourd’hui que les murs.

33- le moulin de St-Julien
de ce moulin à deux meules à rouet il reste encore une partie du bâti hydraulique. En 1800 il appartenait à M. Lagarrigue.

34- le moulin de Gindarme
il reste peu du réseau hydraulique en partie comblé, et l’ensemble de cet ancien petit moulin à une meule à rouet a été très remanié. En 1800 il appartenait à Pierre Vincent.

35- le moulin de Guillot
situé au-dessus de la confluence du Vers et de la Rauze, cet ancien moulin à deux meules à rouet appartenait à M. Ollier en 1800. Il possède encore son bâti hydraulique.

36- le moulin de Salle Haut
juste en dessous de Guillot et alimenté par la défuite de ce dernier, ce moulin à deux meules à rouet appartenait en 1800 à Mme Roux. En 1920 il appartient à Joseph Delon et affiche 9kW.

37-38 les moulins de Salle Bas
deux moulins se suivant encore. Le premier à trois meules à rouet, alimentant même un foulon à deux maillets, et appartenant en 1800 à M. Bru. Le second à deux meules à rouet appartenait à Mme Germain. Ces moulins semblaient également bénéficier d’une source proche. En 1920 un seul moulin apparaît, appartenant à Gustave Menut et affichant une puissance de 7kW.

39- le moulinet
ce moulin à trois meules à rouet appatenait à plusieurs particuliers en 1800, et à Jean Caussanel en 1920, date à laquelle il affiche 3kW.

40-41 les moulin de Bauylu et moulin de Martin
le moulin de Bauylu, à priori en amont et aujourd’hui disparu, appartenait à plusieurs particuliers en 1800 était mû par les eaux de la défuite du moulinet.
Le moulin de Martin, à priori aujourd’hui transformé en restaurant, était à deux meules à rouet et appartenait à François Goudal, neveu, en 1800 ; il était également équipé d’un foulon à deux maillets.
Il peut y avoir confusion entre les deux car en 1920 sont nommés le « moulin de Marty », appartenant à Victor Conquet et affichant 4kW, et le « moulin de Marty bas », appartenant à Mme Ostrowski, veuve, et affichant 5kW.
Deux ans plus tard, seul le « moulin de Marty » figure pour l’administration.

42- le moulin de Benedicti
ce moulin à deux meules à rouet appartenait à Pierre Conquet en 1800, et à Mme Lacombe veuve en 1920, affichant 3kW. Cet ancien moulin aujourd’hui gîte a été largement remanié et agrandi, mais il en reste cependant la chambre d’eau et tout le bâti hydraulique.

43- le moulin de la Carderie
il se serait agi dans le passé d’une mouline à fer, transformée en papeterie à la fin du 15ème siècle, l’imposant bâtiment principal datant de 1715. en 1800 on le nommait « papeterie de Vers », appartenant à M. Daubé, et c’est en 1880 qu’il devint carderie. En 1920 pourtant, alors qu’il est indiqué fermé, on lui attribue 4kW de puissance sous le nom de « la Papeterie ». Il appartient à l’époque à Xavier Gisbert, avocat à Cahors et également propriétaire des trois moulins suivants.

44- le moulin de Lascourrages
ce moulin à deux meules à rouet appartenait à Jean Lacombe en 1800. Connu également sous le nom de moulin des Correzies, ou moulin de Corezes, il appartient en 1920 à Xavier Gisbert, avocat à Cahors, et affiche 3kW de puissance. A cette date il est également indiqué fermé.

45- le premier moulin de Raffy
moulin à trois meules à rouet qui appartient en 1800 à M. Milhau aîné. En 1841 il est nommé « moulin de Bessou », nom qu’il a toujours en 1920 lorsqu’il appartient à Xavier Gisbert, avocat à Cahors, et affiche 3kW de puissance.
A priori disparu.

46- le deuxième moulin de Raffy
à cinquante mètres du précédent et alimenté par sa défuite se tenait un second moulin, à une seule meule, et appartenant à François Milhau cadet en 1800. Peut-être devenu foulon en 1920, et appartenant alors à Mlle Janin, également propriétaire des deux moulins de Vers.

47- le moulin de Lagreze
à priori disparu également, ce moulin était situé à l’entrée du bourg de Vers et était déjà abandonné en 1800.

48-49 les moulins de Vers
deux anciens moulins très visibles à Vers depuis le pont, se partageant la même chaussée.
En 1800 celui placé rive gauche avait trois meules à rouet ainsi qu’un foulon à deux maillets, et appartenait à M. Gragnon. Celui placé rive droite, aujourd’hui un bâtiment bien plus récent, avait deux meules à rouet et appartenait à M. Lagreze.
En 1920 seul un moulin est indiqué, appartenant à Mlle Janin et affichant une puissance de 3kW.

Tous les meuniers et tous les moulins ont connu les ravages des inondations. Il en fut un exemple relaté en 1694 dans le Quercy et la vallée du Vers en particulier.
Le périodique Mercure Galant au 17ème siècle relate les évènements du Royaume à l’attention du Dauphin, fils de Louis XIV et en charge des affaires intérieures. En Août 1694 il informe de la crue qui a emporté le village de Saint-Martin-de-Vers:

« …J’ai à vous entretenir d’un orage dont les effets ont été si prodigieux et si surprenants, que dans les siècles passés on n’a rien vu de semblable.Le 23 de Juin dernier, il s’éleva vers les Sept heures du soir une nuée épaisse, mêlée d’éclairs et de foudre, sur un village appelé Saint-Martin-de-Vers, à trois lieues de Cahors en remontant le long de la rivière du Lot.Cette nuée devint ensuite enflammée comme du feu, ce qui jeta la terreur dans l’esprit des habitants qui se renfermèrent dans leurs maisons. Elles étaient jusqu’au nombre de Soixante, et celui des habitants était à proportion ; c’est-à-dire qu’on y en comptait plus de quatre cent.
Quant au Village, il se trouvait situé entre deux montagnes dans un vallon assez étroit, arrosé par un ruisseau sur lequel il y avait plusieurs moulins, et particulièrement une papeterie qui appartenait à Mr le Comte de Cabrerets.
La nuit étant survenue, on entendit tout à coup un gros air qui renversa tous les toits.
La nuée fondit bientôt en grêle et en pluie. Cette grêle était aussi grosse que le poing et en si grande abondance, qu’on la voit encore en ce lieu et dans deux paroisses des environs, de la hauteur de plus de quatre coudées ; mais surtout la pluie tomba avec tant de violence que les eaux ramassées dans le vallon, et jointes à celles du ruisseau, formèrent en peu de temps un torrent dont la rapidité emporta presque en un instant toutes les maisons de ce village, avec la papeterie et tous les moulins ; de sorte que dans le lieu même où il était situé, on ne peut plus y reconnaître la moindre trace d’aucun bâtiment.
On n’y voit qu’un roc et des ravines affreuses, et ce qu’il y a de plus déplorable, c’est que tous les habitants ont été enveloppés dans cette inondation sans qu’il en soit échappé un seul.
Ce torrent, ayant suivi le cours du ruisseau, entraîna sur son passage environ trente maisons ou granges, et alla se jeter dans le Lot qui n’est éloigné que d’un quart de lieue du village de Saint-Martin-de-Vers.
Vous pouvez juger dans quel étonnement on fut à Cahors, voyant la rivière couverte de débris de bâtiments, de meubles, et de corps morts qui flottaient.
Sitôt qu’on en eu appris la cause, les Consuls envoyèrent diverses personnes sur des bateaux, qui arrêtèrent plusieurs cadavres qu’on a enterré avec les cérémonies ordinaires, et quantité de meubles qu’on doit rendre à ceux à qui on saura qu’ils appartiendront.
Mr Vinhart, curé du village, fut trouvé mort sur le gravier, ainsi que le sieur Druy, notaire, qui avait une infinité de registres fort importants, et le sieur Rous avec toute sa famille.
Des circonstances extraordinaires suivirent l’inondation :
Le torrent, mêlé avec les eaux de la rivière du Lot, leur communiqua une puanteur qu’on ne pouvait supporter. Ainsi elles se trouvèrent si empoisonnées par la malignité de l’exhalaison qui avait servi de matière à la nuée, que les poissons se jetaient sur les bords de tous côtés.
On y a trouvé plus de mille quintaux de carpes et d’autres poissons morts dont personne n’a eu tentation de manger.Ce récit est fort fidèle, et vient de gens très dignes de foi qui ont vu ce désordre…. »

Plans de gestion des cours d’eau (PGCE)

Le bassin a fait l’objet d’un PGCE pour la période 2015-2020, alors pris en charge par le Parc Naturel des Causses du Quercy ; plusieurs actions ont ainsi pu être entreprises pour faciliter l’écoulement des eaux, principalement la coupe d’arbres et l’échancrement de barrières de tuf formées naturellement par ces eaux très calcaires.
Il fut cependant souligné dans l’enquête publique préalable que le dossier donnait aux barrières de tuf un « caractère patrimonial », mais aucune mention de caractère patrimonial pour les chaussées de moulins… Regret qu’aujourd’hui le terme « patrimoine » signifie exclusivement « patrimoine naturel » ou « patrimoine environnemental »…

En 2022 le Syndicat Mixte du Bassin du Lot prend en charge la gestion du bassin, avec la possible mise en place d’un prochain PGCE.

Sources documentaires

1 – sandre.eaufrance.fr – Le Vers .
2 – aqueduc romain de Cahors – Claude Rigal par Didier Vertut – amis-quercynois.fr .
3 – Archives départementales du Lot – enquête sur le Vers (1799-1800) , états statistiques des usines (1920-1922) – cote 86 S 1 .
4 – gallica.bnf.fr – dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889

Carte générale de la France. 036,[Cahors]. n°36. Flle 150 / [établie sous la direction de César-François Cassini de Thury]. Michaud Jeune, cartographe.
gallica.bnf.fr